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Extrait de «Fleurs du monde»
(Journal de Familles au coeur québécois)
Misère, la chatte
Ce quune simple chatte a déclenché, a eu de quoi
virer mon petit univers à lenvers. Le vaste monde de
ladoption connaît bien des facettes, toutes aussi différentes
et uniques les unes que les autres! Nous avons été
plongés dans lune dentre elles.
Qui aurait pensé que notre chatte Nichka aurait suscité
tant de réactions, aurait fait couler autant de larmes et fait
jaillir tant démotions jusqualors probablement refoulées,
submergées, ignorées ou inconnues?
Certes mes enfants, qui ont 9 ans, 11ans et 11 ans, ont toujours su dès
leur plus jeune âge quils avaient été adoptés.
Les explications ont toujours été claires et correspondaient
au degré de compréhension quils avaient au moment
où ont fusé les questions.
Lhistoire a débuté à lautomne dernier
au moment où la plus jeune de mes filles a vu tomber un diagnostic
d'allergies entre autres aux chats. Misère ! Je savais
que mes trois enfants aimaient, à des degrés divers, la
chatte. Quant à moi, elle me laissait assez indifférente,
avec un léger penchant pour le «Ôte-toi dans mes jambes!»
Lorsque, officiellement, le diagnostic a été confirmé,
la solution logique pour moi était de me débarrasser de
la chatte. Un dernier petit voyage à la SPCA me suis-je dit.
Wow, les moteurs !
Le côté rationnel de ma plus jeune a voulu trouver une autre
famille pour Nichka, puis un torrent de larmes a jailli. Elle voulait
trouver une famille où elle pourrait rendre visite à sa
chatte.
Encore beaucoup de larmes, puis les sentiments plus profonds des trois
enfants se sont mis à exploser de toutes parts. On abandonnait
Nichka, tout comme leurs mères biologiques les avaient abandonnés.
On rejetait Nichka tout comme les enfants avaient été rejetés
par leurs mères biologiques respectives. OUF ! On a
marché un bon moment sur des ufs et pas cuits durs je vous
le jure!
Mes nerfs en ont pris un rude coup. Jamais je métais
attendue à de telles réactions pour une simple chatte.
Certes, je ne mimaginais pas que ce serait rose, pour avoir déjà
vécu lexpérience de perdre mon chien à lâge
de 10 ans, mais de là à ce que ce soit si embrouillé
et
que tout ce qui avait été jusqualors refoulé
se transforme en torpilles, cest une autre paire de manches!
Non seulement, il fallait se défaire de Nichka, mais il fallait
aussi composer avec le sentiment dabandon et de rejet quavait
déclenché lannonce du départ de la chatte.
Mon vocabulaire a dès lors pris une toute autre tournure.
Je me suis mise à parler dadoption de Nichka, moi qui ai
toujours trouvé aberrant et déplacé de parler dadoption
quand il sagissait danimaux. Jai également
parlé dadoption ouverte puisque les enfants voulaient pouvoir
rendre visite à Nichka dans sa nouvelle famille. Jai
essayé dexpliquer quil y avait des circonstances de
la vie qui font que nous devons prendre des décisions réfléchies
au meilleur de nos connaissances et des circonstances. Dans le cas
de Nichka, nous avons dû faire face au problème dune
forme dhérédité jusque là inconnue (celui
des allergies de ma fille), tout comme nous devrons toujours faire face
aux problèmes dhyperactivité et de déficit
dattention et de troubles dapprentissage de mes deux autres
enfants. Nous avons discuté de la décision des mères
biologiques qui avaient pris la dure décision de confier leurs
enfants en adoption et du plan dadoption qui avait été
mis en place.
Somme toute, bien que lexpérience ait été
douloureuse, elle nous a permis de faire le tour dune question épineuse
qui navait jamais été abordée ni vue sous cet
angle un peu spécial!
Nycole Dumais
Extrait de Fleurs du monde, Hiver 2002
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Date de publication: 15 juin 2002
URL=http://www.quebecadoption.net/adoption/FACQ/journalFACQ/miserechatte_2002.php
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