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Les services post-adoption au Québec
Les services post-adoption? Connaît pas! Force est de constater cependant que dans tout cet enthousiasme, les services post-adoption avaient été jusqu'à récemment tout à fait oubliés. Comme si devenir parent par adoption nécessitait moins de support ou d'aide que lorsqu'un couple accouche d'un premier enfant. Comme si tous les enfants qui arrivent par adoption n'avaient aucun besoin particulier au niveau de la santé physique ou mentale et de l'intégration scolaire. Plusieurs intervenants avaient préalablement sonné l'alarme. Certains médecins avaient prévu le manque de spécialistes pour évaluer et traiter correctement des maladies infectieuses ou des retards psychomoteurs. Plusieurs vieux routiers des services sociaux savaient qu'un fort pourcentage des enfants adoptés ont été sous-stimulés, mal nourris et longuement institutionnalisés et que ces enfants risquent davantage de présenter des troubles de comportements ou d'attachements en plus de retards de développement et d'éventuelles troubles de l'apprentissage.
Soyons objectifs: la majorité des parents
adoptifs et leurs enfants se débrouillent très bien seuls.
Ils n'ont pas besoin de services spécialisés au-delà
de 6 à 12 mois après l'arrivée de l'enfant. Par contre
de 10 à 15 % des enfants présenteront encore de graves difficultés
après la période d'adaptation normale. Ces problèmes
nécessiteront de nombreuses consultations spécialisées
en santé physique, en santé mentale et en éducation.
Selon notre expérience clinique, on peut estimer que 10 à
Ce sont des généralistes compétents mais qui n'ont pas les connaissances nécessaires pour accueillir les parents adoptifs, ni les outils d'évaluation pour saisir l'ensemble des facteurs expliquant les difficultés des enfants. Par pure ignorance, ils cherchent à évacuer
ou à banaliser le vécu antérieur de l'enfant. Ils
tombent dans les pièges du syndrome de réparation, que l'amour
arrange tout, ils jugent les parents comme anxieux, surprotecteurs etc.
etc. Pire encore, d'autres sombrent dans leurs propres préjugés
ou fausses perceptions sur l'adoption: les parents adoptifs sont tous
des gens bien nantis qui se plaignent trop facilement ou qui n'auraient
pas dû adopter après tout puisqu'ils trouvent cela si difficile!
L'aide apportée est trop souvent partielle,
imprécise. Les parents ont parfois le sentiment très insécurisant
d'en savoir plus sur les besoins des enfants adoptés que les "spécialistes"
en face d'eux.
Une expérience
qui fait enfin des petits. Nous échangeons longuement à propos
de nos expériences, puis nous décidons d'offrir au CLSC
un groupe de formation, d'aides et de conseils éducatifs pour les
parents adoptifs. La première rencontre consiste à l'accueil
du vécu spécifique des parents, les 3 rencontres suivantes
sont une série de «cours» sur les troubles de l'attachement,
le développement social et psychologique des enfants adoptés,
la pyramide des besoins de Maslow, les phases du deuil, les outils pour
faire face à la différence et le racisme, etc. Lors des
5 à 8 rencontres suivantes commence le programme de Barkley adapté
aux enfants adoptés. Le plus important, c'est l'impact des informations cliniques données aux parents. Ce sont eux par la suite qui s'en serviront pour informer les écoles, les médecins etc. Il s'agit donc d'un processus de prise en charge pour exiger de meilleurs services. Que le message soit donc entendu: si les parents s'organisent, frappent aux bonnes portes et revendiquent leur droit comme payeur de taxe, il peuvent obtenir de l'aide spécialisée pour eux et leurs enfants! Un des plus importants mandats du réseau des CLSC est l'aide aux jeunes familles. Ces établissements doivent donc s'organiser, former leurs professionnels, permettre des initiatives. L'adoption internationale n'est plus un phénomène marginal que l'on peut ignorer ou banaliser.
Johanne Lemieux,
mère adoptive et travailleuse sociale
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Pages de la Fédération des
parents adoptants du Québec
dans le site «Québecadoption.net»