Mot de la Présidente

 

Chers Membres,

Printemps 2002

Dans le dernier numéro du journal j’avais brossé un tableau plutôt sombre des possibilités d’adoption à travers le monde. J’avais parlé de rumeurs de problèmes au Vietnam; voilà qu’elles sont confirmées. Vous êtes probablement au courant qu’un couple québécois est resté près de 3 mois dans ce pays afin de finaliser l’adoption de leur petit garçon Jacob. Douze autres couples espéraient que débloquent leurs adoptions dans deux orphelinats de la province de Kuan-Nam au Vietnam. Ces familles ont été prises en otage à cause de mésententes entre l’organisme et les autorités de la province.

Le SAI a envoyé une représentante pour tenter de débloquer la situation. Cinq dossiers qui étaient en voie de finalisation ont abouti; c’est donc cinq familles qui ont connu un heureux dénouement à ce cauchemar. Par contre pour les huit autres c’est l’incertitude, l’angoisse. Espérons qu’elles ne seront pas oubliées.

Je serais curieuse de connaître le taux de stress subi par les personnes en attente d’une adoption internationale. Même quand le processus se passe relativement bien. Avez-vous déjà songé que dans une adoption internationale il y a une cinquantaine de personnes entre le futur parent et son enfant et qu'à tout moment une de ces personnes peut utiliser son pouvoir pour faire attendre, pour arrêter le processus, pour demander d'autres documents ou de l'argent supplémentaire. Repensez à toutes ces personnes : le SAI, l'évaluateur, le Centre jeunesse, le médecin, le banquier, l'Ambassade, le notaire, l'organisme, l’agence de voyage, puis dans le pays étranger encore plusieurs intermédiaires qui peuvent profiter de l'occasion pour affirmer leur ego... Quand je réfléchis à ça je me rends compte que chaque enfant qui est entré au Québec jumelé à sa famille est un miracle ! Et que les adultes qui passent au-travers sont profondément ébranlé par tout le processus.

CigogneCe facteur de stress jumelé à l’arrivée d’un enfant différent, carencé, souvent malade peut faire éclater des gens pourtant reconnus comme solides. Il fallait donc apporter du support. Un CLSC à Québec, puis maintenant deux CLSC à Montréal offrent des ateliers en post-adoption. Mais l’idée fait difficilement son chemin dans le réseau, car il faut débloquer des budgets (ces ateliers sont offerts gratuitement) et il faut surtout convaincre les Régies régionales d’accorder de l’importance à la post-adoption. D’autre part, comme dit le proverbe : Mieux vaut prévenir que guérir. Dans cet esprit, une série de cours en pré-adoption a été mise sur pied par le Dr Jean-François Chicoine et son adjointe, l’infirmière Patricia Germain.

Qu’il est difficile d’être parent aujourd’hui ! Pourtant nous devrions être encouragés, supportés par les autorités qui décrient le faible taux de natalité au Québec. Il y a d’une part des adultes qui ne veulent pas faire d’enfants et d’autre part, des personnes prêtent à tout pour aller chercher un enfant à l’autre bout du monde. C’est vrai qu’il est difficile d’avoir une politique nataliste cohérente dans ces conditions !

Bonne lecture et écrivez-nous !

Claire-Marie Gagnon
Présidente
La Cigogne, Printemps 2002

FPAQ

 

Pages de la Fédération des parents adoptants du Québec
dans le site «Québecadoption.net»

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Publication: 14 décembre 2002 
URL = http://www.quebecadoption.net/FPAQ/2002prin_presidente.html