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L'intérêt supérieur
de l’enfant. Et après ?
Un plaidoyer pour des services
pré et postadoption

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| Automne 2004 |
En mai dernier, j'assistais au colloque
sur l'adoption internationale organisé par le SAI à Montréal.
À cette occasion, des représentants en provenance de pays
d'Asie, d'Europe et des Amériques, étaient invités
à discourir des différents aspects de l'adoption internationale
et des processus d'adoption dans leur pays respectif.
Durant ces deux jours, je ne peux calculer
le nombre de fois où j'ai entendu ces mots : intérêt
supérieur de l'enfant. À écouter toutes ces conférencières,
l'enfant et le respect de ses droits fondamentaux sont au cœur
des préoccupations de ces pays. De la prise en charge par l'état
jusqu'à son adoption, ces organismes internationaux gèrent
et légifèrent à tous les niveaux en fonction d'une
seule priorité, qui est celle de l'intérêt supérieur
de l'enfant et du respect de ses droits fondamentaux. Même leurs
exigences face aux pays d'adoption, n'y échappent pas.
Mais après ? Oui, après
l'adoption de l'enfant, qu'en est-il de ce même intérêt
? Oublie-t-on cet enfant pour lequel le bien-être était
une priorité ?
Certains diront qu'il existe bien un
suivi par l'intermédiaire de tous ces rapports-progrès,
mais où vont-ils échouer ? À quoi servent-ils vraiment
si ce n'est que de donner à ces autorités bonne conscience
en démontant de l'intérêt suite à son adoption
? Et que dire de la franchise dans le contenu de ces rapports-progrès
? Face à ces pays qui leur ont confié un enfant, combien
de parents adoptants préfèrent taire les difficultés
qu'ils vivent et pour lesquelles ils se sentent souvent coupables. C’est
donc une exigence qui ne sert personne.
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| «Mieux comprendre l'enfant adopté,
c'est se donner la chance de vivre dans un meilleur équilibre
sur ce fil, si fragile, sur lequel beaucoup de familles adoptives
sont projetées.» |
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Durant ce colloque, on a aussi largement
abordé la préparation de l'enfant plus âgé
à son adoption. Par contre, aucun de ces pays n'a fait mention
du moindre souci quant à la sensibilisation du parent qui accueillera
cet enfant fragilisé, avec ses blessures, ses possibles carences
affectives et peut-être aussi, avec ses difficultés à
créer des liens d'attachement avec eux. Mais qui s'assure que
le parent saisit bien l'impact de l'abandon et de l'institutionnalisation
de cet enfant ?
Dans le respect de ses droits fondamentaux,
l'enfant n'a-t-il pas ce droit d'avoir des parents sensibilisés
à son vécu, attentifs et conscients de ses besoins ?
Parmi toutes les exigences de ces pays
d'origine envers les pays d'accueil, ne devrait-il pas y avoir une obligation,
de fournir les services en pré et post-adoption à tous
les parents adoptants qui le désirent? Car c'est aussi ça
le meilleur intérêt de l'enfant.
C'est justement un des problèmes
reliés à l'adoption. Un manque criant de services en pré
et post-adoption. Malheureusement, cela a souvent de sérieuses
répercussions non seulement sur l'enfant et sur ses parents mais
aussi sur toute la famille.
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| «Oui, après l'adoption de l'enfant,
qu'en est-il de ce même intérêt ? Oublie-t-on
cet enfant pour lequel le bien-être était une priorité
?» |
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Nos organismes gouvernementaux, gestionnaires
de tout ce processus d'adoption, ont aussi leur part de responsabilités.
Ils doivent dégager des sommes afin que les rares spécialistes
en adoption au Québec puissent former adéquatement les
travailleurs sociaux, psychologues et autres intervenants auprès
des parents. Il faut investir afin de bien outiller les parents et les
supporter par la suite en post-adoption.
Parce que trop de familles adoptives
souffrent d'un équilibre familial déstabilisé,
la FPAQ s'est donnée pour objectif de travailler à ce
que ces services puissent être accessibles partout, facilement
et en tout temps. Déjà, la Fédération a
organisé plusieurs ateliers de formations pour les intervenants
en adoption et réalisé un bottin de ressources en pré
et post-adoption couvrant tout le territoire du Québec.
Mieux comprendre l'enfant adopté,
c'est se donner la chance de vivre dans un meilleur équilibre
sur ce fil, si fragile, sur lequel beaucoup de familles adoptives sont
projetées
P.S.
J'oubliais, je voudrais simplement ajouter quelques questions :
Combien coûtent les cours
prénataux offerts par les CLSC ? Qui les finance ? Sont-t-ils
facilement accessibles ?
Les réponses sont simples
: Ces cours s'échelonnant sur plusieurs semaines sont gratuits,
payés par notre gouvernement et accessibles partout dans
la province. N'y a-t-il pas là matière à
réflexion ? |
Lucie Bourassa,
parent adoptant et bénévole à
la FPAQ
La Cigogne, Automne 2004
Pages de la Fédération des
parents adoptants du Québec
dans le site «Québecadoption.net»

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Publication:
10 mars 2006
URL = http://www.quebecadoption.net/FPAQ/2004aut_interet.html
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