L'identité des adolescents adoptés
Lidentité culturelle chez
les ados adoptés à linternational Dans
sa quête didentité, ladolescent adopté
dune autre race que la majorité a un dilemme de plus à
régler. Est-il noir? Est-il chinois ? Quelle valeur colle le mieux
à sa peau? Comment est-il perçu des autres ? Qui laccepte
pour ce quil est ? Lado doit définir son appartenance.
Quen est-il de sa culture?
Les relations de ladolescent
adopté face à sa culture
Dans lensemble, les adoptés sont peu intéressés
par leur culture dorigine. Ils en connaissent peu et nont
pas beaucoup de relations avec les membres de cette communauté,
quils en soient fiers ou non. Certains ados vont sintéresser
à leur communauté mais finissent, pour la plupart, à
revenir vers la culture dans laquelle ils ont grandi. Il faut dire
que, mis à part leurs traits physiques, ils nont pas de liens
affectifs avec leur pays dorigine. Ils ont plutôt tendance
à sassimiler à leur culture dadoption. Il ne
faut pas oublier que la grande majorité des ados est arrivée
dès le plus jeune âge. La seule culture quils ont connue
avant leur arrivée sapparente plutôt à celle
dun orphelinat. Ladopté ne trouve pas de ressemblance
entre lui et sa communauté dorigine parce quil ne partage
pas les mêmes valeurs. Certains sont même mal à laise
ou gênés dêtre confondus pour un membre de la
communauté culturelle dorigine. Certains font jusquà
les éviter. Lado préfère être associé
au groupe majoritaire quà un groupe "guettorisé."
Les adolescents qui se perçoivent
biculturels
Outre la grande majorité qui endosse lidentité de
leur pays dadoption, un second groupe opte plutôt pour le
biculturel. On y retrouve en grande majorité les ados de race noire.
Ils sont fiers de leur couleur et sidentifient à la culture
québécoise et américaine. Ils ont comme idoles des
vedettes noires de la télévision, des sports et de la politique.
Cest de là que leur proviennent leurs modèles de réussite.
Les adoptés noirs québécois ne sapprochent
pas des haïtiens mais bien de la communauté noire en générale.
Ils peuvent se retrouver entres adoptés, avec des amis de familles
mixtes dici ou avec des noirs de différentes nationalités.
Les filles adoptées dorigine haïtienne, se rapprochent
plus de la communauté haïtienne en raison de leur difficulté
à sortir avec un garçon blanc. Le bassin de garçons
noirs étant majoritairement haïtien, elles en viennent à
mieux connaître leur communauté dorigine. Les
garçons dorigine haïtienne nentretiennent pas
autant de liens que les filles avec la communauté dorigine.
Ils se limitent à adopter des images normalement identifiées
à la race noire. On peut penser ici à la musique et à
lhabillement.
Le conflit de loyauté
Les adolescents qui fréquentent les communautés dorigine
vivent souvent un conflit de loyauté. Ils y découvrent
de nouvelles mentalités, souvent à lopposé
de leur culture. Si le racisme existe, il existe des deux côtés.
Le jeune sera aux prises avec du racisme fait contre la race majoritaire,
groupe auquel il sidentifie et identifie sa famille. Il est pris
entre deux feux. Quelle attitude choisir? Comment arriver à concilier
les deux parties? Des valeurs reliées aux femmes peuvent
également les agacer. La société québécoise
est beaucoup plus ouverte aux femmes que dautres communautés
dorigine. Quelle attitude, quelle place, ces jeunes ados y trouveront-elles?
Noix de coco et banane (blanc
en dedans, noir ou jaune à lextérieur)
Tout comme lado se sent différent des membres de la communauté
dorigine, ces derniers le perçoivent également différents
deux. Ce malaise est bien présent chez les deux parties.
Cela naide pas à la création de nouvelles relations.
Les ados reçoivent comme message quils ne sont pas assez
blancs pour être un membre à part entière de la majorité
et se font dire quils ne pensent pas assez chinois ou noir pour
partager avec la communauté dorigine. Il y a également
la barrière linguistique qui nuit aux relations.
Que faut-il en déduire?
Les
différentes recherches ( Cohen et Westhues 1995 et Morrier 1995)
concluent que, malgré tous les efforts faits par les parents pour
intéresser les jeunes à leur origine, ils auront peu dimpact
sur lorientation de leurs jeunes. Les adolescents adoptés
des deux recherches expliquent quil est souhaitable de bien intégrer
lenfant dans sa culture dadoption avant de penser à
lintéresser à sa culture dorigine. Pour eux,
la culture dorigine na souvent pas plus dimportance
que celle de nimporte quel pays. Il est bon que le parent démontre
de la fierté sur les origines de son enfant mais ne le pousse pas
à sidentifier à son pays natal. On doit les écouter
et leur offrir, en temps et lieu, la possibilité de les rapprocher
de cette communauté. Pour certains chercheurs, le fait de
ne pas sidentifier ou sintéresser faiblement à
sa culture dorigine serait synonyme dadaptation. On peut donc
voir dun bon il les jeunes ados qui sidentifient à
la culture québécoise et ceux qui optent pour la double
identité. Auteure:
Lucie Bourdeau
Familles au coeur québécois,
janvier 2002
© Copyright 2002 -
Lucie Bourdeau - Gilles Breton Tous droits réservés.
Date de publication: janvier
2002
URL = http://www.quebecadoption.net/adoption/preadopt/ado_identi_p5.html
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