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Une histoire de retrouvailles
Une histoire de retrouvailles
En bouquinant, mon regard a été attiré
par une jeune asiatique ayant en mains une lettre écrite en caractères
chinois. Elle semblait très absorbée. Vous l'aurez deviné,
il s'agit là de la page couverture du livre «Lettre
de chine». En voyant ce livre, je me hâte vers le
résumé lequel parle de retrouvailles entre une mère
chinoise et sa fille québécoise, adoptée à
6 mois. Il n'en faut pas plus pour que le processus mental se mette à
l'oeuvre: «des retrouvailles avec une maman de Chine, est-ce possible?
Comme c'est excitant!» Même si une fois rendue à la
maison, je me suis rendu compte que ce livre avait été édité
dans la section «conquêtes - drame», les mêmes
plaisir et intérêt m'ont accompagnée du début
à la fin de cette lecture.
L'auteur nous fait entrer dans l'intimité des
trois personnages principaux soit Catherine, sa mère de naissance
Tsung Fei et son parrain Chang Shou, un exilé chinois. Ces personnes
se retrouvent dans le Hunan, en Chine.
Tsung Fei raconte à Catherine l'histoire d'amour
à l'origine de sa naissance de même que les raisons tragiques
de son «abandon». Une énigme de ce livre: comment cette
femme a-t-elle pu retrouver sa fille, adoptée au Québec?
Naturellement, je vous laisse le plaisir de le découvrir!
Ce livre renferme de très beaux passages comme
celui nous présentant les premiers moments où Catherine
voit sa mère de naissance. Je ne peux résister à
la tentation de vous le citer:
«Catherine éprouvait le sentiment à
la fois le plus étrange et le plus rassurant qu'elle ait connu.
Pour la première fois de sa vie, elle voyait à qui elle
ressemblait.» (P. 76)
En nous identifiant à Catherine, nous pouvons
ressentir toute la charge émotive d'une telle rencontre. D'ailleurs,
les témoignages d'enfants adoptés vont souvent dans ce sens,
à savoir: la souffrance de ne ressembler à personne d'où
la joie de se reconnaître un jour dans l'autre.
L'auteur nous décrit également le côté
tragique d'être une mère-célibataire en Chine: situation
sociale vécue également au Québec il y a tout juste
25 ans. Autre passage très intéressant pour nous, parents
d'enfants de Chine, c'est celui nous présentant une explication
sociale aux abandons d'enfants en Chine.
«Catherine avait compris du même coup
la situation de beaucoup de filles en Chine. Puisqu'elles allaient être
assimilées à une famille étrangère une fois
mariées, on leur concédait souvent moins d'importance
qu'aux garçons. Eux, ils continuaient de vivre avec les leurs
après leur mariage. Ils restaient toute leur vie le soutien de
leurs parents et devenaient en quelque sorte leur pension de
vieillesse... la seule dont ceux-ci pourraient bénéficier.»
P. 93.
J'ai aussi pris connaissance d'un rite entourant la
mort d'un être cher soit la plantation d'un arbre et la greffe d'une
branche par chacun de ses descendants. Ce passage nous réserve
une belle surprise!
Cette histoire est-elle basée sur un fait vécu?
De telles retrouvailles pourront-elles se vivre pour certaines de nos
filles? Si oui, comment réagirions-nous?
Un livre fort agréable que nos filles liront
avec passion dans quelques années.
DESSUREAULT, GUY, Lettre de chine
*, Québec, l997, Editions Pierre Tisseyre, 220 p.
ISBN -2 - 8905l - 662 - 8 (l0$)
* L'auteur a utilisé un "c" minuscule
Texte publié dans l'Orient Express, journal de l'association des familles
Québec-Asie
LISE DENIS
psychologue
Thérapie individuelle et conjugale, difficultés
reliées à l'adoption
37 Grace Shantz
Kirkland (Québec)
H9J 3A4
Tél.: 5l4-695-9225
Date de publication: mai 2006
© Copyright - 2008Tous droits réservés. URL=http://www.quebecadoption.net/adoption/postadopt/psycho16.php Dernière modification : 6 septembre 2008
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