Dossiers éthiques:
L'éthique dans l'adoption au Québec
et les retrouvailles
Pour parler déthique
dans la recherche dantécédents sociobiologiques
et de retrouvailles au Québec, il faut situer ladoption
dans son histoire et dans la situation particulière du Québec.
Léthique se transforme au rythme de lévolution
sociale; elle est donc dépendante de la tolérance dans
une société donnée. Pour cette raison, elle est
différente dans le temps, mais elle diffère aussi dun
pays à lautre ou dune région à lautre
comme dans lexemple du Québec par rapport au reste du Canada.
Le Québec est une province canadienne, mais il a son propre
code civil découlant du Code Napoléon. Ailleurs au Canada
cest le Common Law britannique. Le Québec a entière
autonomie sur ses services sociaux et sur ladoption autant nationale
quinternationale. Au Canada, on applique des règles souvent
très différentes de celles du Québec. Par exemple,
au Canada, comme dans plusieurs États américains, on met
sur Internet des photos avec les caractéristiques denfants
plus âgés disponibles pour ladoption. Le Québec
a toujours refusé cette pratique et a même inscrit un amendement
dans sa loi sur la confidentialité dans les dossiers dadoption.
Regardons maintenant lévolution de la conception de ladoption
à travers lhistoire du Québec. Depuis les débuts
de la colonie, les Québécois, que lon appelait alors
les Canadiens français, ont eu de grandes familles. Il y avait
un consensus social de concevoir beaucoup denfants pour peupler
le pays et pour détenir le pouvoir du nombre face aux Anglais
qui possédaient les pouvoirs politique et économique.
Les familles étaient très solidaires les unes des autres.
Il était fréquent chez les Canadiens français daccueillir
les orphelins ou les enfants apparentés dont les parents étaient
en mauvaise situation financière. Les enfants illégitimes
étaient souvent gardés dans les familles où ils
étaient déclarés fils ou fille " arrivé
sur le tard "; les familles gardaient ainsi le secret de la
naissance. Il y eut aussi plusieurs adoptions denfants non apparentés
tels des enfants indiens laissés aux portes des maisons des colons
pour les sauver de la mort, lors de famines au Canada. Au milieu du
19è siècle, beaucoup dIrlandais fuyant la famine
en Irlande se sont embarqués sur des bateaux pour le Canada.
Plusieurs moururent en route ou pendant la quarantaine qui leur était
imposée à leur arrivée. Les orphelins irlandais
ont été accueillis principalement par les familles autour
de la ville de Québec.
Léthique de cette époque et jusquaux années
70 est calquée sur la morale catholique romaine; il y a le secret,
le péché, le rachat, le pardon. Ladoption était
le fait de la charité chrétienne.
Tous ces accueils se faisaient de manière informelle, sans
aucun papier légal. Ce nest quen 1924 quapparaîtra
la première loi sur ladoption pour clarifier la situation
denfants placés dans des familles.
À partir de la moitié du 19è siècle, cest
la révolution industrielle et lexode rural de travailleurs
qui sinstallent en ville autour des usines. Les mauvais salaires,
les maisons insalubres, les conditions de vie difficiles ont tôt
fait de rendre cette population en grande difficulté. Les gens
délaissent leurs enfants que lÉglise récupère
en augmentant son influence sur les murs de lépoque.
La crise économique de 1929 et les pressions sociales exercées
sur les filles mères entraînent une avalanche dabandons.
Les orphelinats débordent denfants. LÉglise
et les services sociaux organisent alors des campagnes de sensibilisation
pour faire adopter le maximum denfants, mais ça ne suffit
pas. Plusieurs enfants adoptables ne seront jamais adoptés même
si jusquà la fin des années 60, de 300 à
400 enfants par année sont adoptés par des familles riches
dans le reste du Canada, aux États-Unis, en France, en Belgique,
à Cuba. Ces familles désiraient des enfants blancs, catholiques (sic)
et en bonne santé.
Dans les grandes villes de la province, il y a plusieurs hôpitaux
spécialisés dans laccouchement des filles mères.
Ces hôpitaux sont tenus par des religieuses qui incitent et parfois
même forcent les mères à abandonner leur enfant
toujours au nom de la morale religieuse. Par exemple un hôpital
de Montréal sappelle " La Miséricorde ";
on implore la miséricorde divine pour obtenir le rachat de la
faute et ainsi redonner aux mères la virginité nécessaire
pour se trouver un mari. À plusieurs mères qui hésitent,
on affirme même que leur enfant est mort à la naissance.
À toutes ces femmes qui accouchent et confient leur enfant à
ladoption on promet la confidentialité, le secret.
En 1960, cest la révolution " tranquille "
au Québec, le début dune prise de conscience sociale
hors de lemprise de lÉglise. La jeunesse commence
à déserter les églises. En 1967, cest lexposition
universelle, puis en 1976, les Jeux Olympiques, deux gros évènements
qui se tiennent à Montréal, métropole du Québec.
Au Canada, Pierre Elliot Trudeau instaure la Charte des Droits et Libertés,
il met en application une politique de multiculturalisme et il décriminalise
lavortement. Cest lexplosion des idées, louverture
sur le monde.
Cette effervescence a un impact sur ladoption. En 1970, on note
une baisse de la natalité à cause de la contraception,
de lavortement, du féminisme, des femmes sur le marché
du travail et du rejet de la morale religieuse qui obligeait les femmes
à " faire des enfants ". Cette baisse de
la natalité et lacceptation de la famille monoparentale
vident les crèches. Il ny a presque plus de bébés
proposés à ladoption. Pour les enfants plus âgés
abandonnés ou en difficulté on organise un système
de familles daccueil, des familles payées par lÉtat.
Suite aux nombreuses études sur la psychologie des enfants, à
la fin des années 70, on encourage les familles daccueil
à adopter les enfants qui leur sont confiés et on leur
accorde une prime à ladoption. On cherche à donner
un milieu de vie stable aux enfants, un milieu familial sécuritaire
où ils pourront sépanouir.
Au début des années 80, il y a un accroissement fulgurant
de demandes de recherches, de la part dadoptés, mais aussi
de mères désirant retrouver leur enfant. En 1982, le Code
civil du Québec est modifié; on y prévoit
" la possibilité de retrouvailles entre adultes consentants,
sans sollicitation ". Cest la mission des Centres jeunesse
(les DDASS), de recevoir les demandes, puis de tenter de localiser la
personne recherchée et de linformer du désir de
rencontre.
Depuis 1940, environ 300 000 personnes auraient été
adoptées au Québec, par des résidents du Québec.
Mais il y a aussi les enfants envoyés à létranger
pour y être adoptés. Les services sociaux narrivant
pas à répondre aux nombreux cas de demandes de recherche,
des personnes se regroupent pour sentraider à découvrir
leurs origines ou à retrouver leur enfant. Cest la naissance
du Mouvement Retrouvailles. Ce mouvement monte des dossiers dinformations
sur les personnes qui recherchent et quand il y a concordance, cest-à-dire
quand les deux parties consentent à se rencontrer, il organise
les retrouvailles tout en supportant les personnes dans toutes leurs
démarches. Malgré cette aide, en 1992, il y avait 14 000
demandes en attente aux services sociaux!
Tant du côté du Mouvement retrouvailles que de celui
des Centres sociaux, quand il y a concordance, il y a beaucoup démotions.
Cest un grand soulagement, et pour les mères qui pendant
toutes ces années avaient gardé lespoir de retrouver
un jour leur enfant, et pour les adoptés qui peuvent enfin avoir
réponse aux questions fondamentales sur leurs origines. Il y
a certes de grandes désillusions, mais il y a surtout le réconfort
dêtre allé jusquau bout de sa quête après
tant dannées de questionnements.
Une autre ouverture du Code civil du Québec stipule que ladopté
mineur de 14 ans et plus ainsi que ladopté mineur de 14
ans et moins, ce dernier avec lapprobation de ses parents adoptifs,
ont les mêmes droits que les adoptés majeurs dobtenir
des renseignements sur leurs antécédents ou de retrouver
leur parent de naissance. Plusieurs psychologues ont contesté
la possibilité, pour des enfants de 14 ans et plus, davoir
accès à leur dossier au moment crucial de ladolescence,
et ce, sans lautorisation ou laccompagnement des parents.
Pour avoir accès à des renseignements nominatifs
ou pour des retrouvailles, les adoptés ou les parents de naissance
doivent au préalable avoir lautorisation de lautre
partie, celle recherchée. Si la mère de naissance ou lenfant
majeur recherché refuse la transmission nominative de renseignements
et le contact, les services sociaux ne peuvent transmettre que les renseignements
sociobiologiques anonymes quils ont en leur possession. Ils ne
peuvent passer outre que si preuve est faite devant un tribunal quun
" préjudice grave risque dêtre
causé à la santé de ladopté,
majeur ou mineur, ou à lun de ses proches parents, sil
est privé des renseignements quil requiert. "
Pour ladopté dont le parent de naissance refuse de le
rencontrer, cest un deuxième rejet, et cette fois, en tant
quadulte il veut obtenir malgré tout le droit de savoir,
droit quil juge inaliénable. En sappuyant sur la
Charte des droits et libertés canadiennes, ces personnes demandent
à ce que leur soit reconnu le droit dobtenir tous les renseignements
nominatifs les concernant car, argumentent-ils, les adoptés et
les orphelins subiraient de la discrimination face à tous les
autres citoyens qui ont accès à toutes les informations
concernant leurs origines. Dautre part, plusieurs mères
disent quelles auraient été obligées dabandonner
leur enfant et que donc, leur consentement nétait pas valide.
Cest ainsi que plusieurs groupes ont décidé dexercer
des pressions pour faire changer la loi sur la confidentialité
car celle-ci ne reflèterait pas le nouveau consensus social.
Fin des années 1990, un comité de travail formé
de personnes des services sociaux, mais aussi dorganisations non
gouvernementales se réunit. Tous sentendent sur les postulats
de base suivants. Ladopté a le droit de connaître
la vérité sur ses origines, mais on se doit de respecter
la promesse faite aux parents de naissance de garder la confidentialité.
Il faut aussi tenir compte des " silencieux ", tant
adoptés que parents de naissance qui veulent rester dans lanonymat
et qui ne sont pas représentés dans les mouvements de
pression. Il faut donc respecter les droits de toutes les parties impliquées.
Voici les recommandations de ce comité :
- Si ladopté sest vu refuser le contact, quil
puisse avoir recours à un tribunal en invoquant un préjudice,
sans quil soit obligatoire que ce préjudice soit GRAVE.
- TOUS les renseignements sociobiologiques doivent être donnés
à la demande de ladopté, même sils
ne sont pas nominatifs.
- Il est recommandé que pour tous les adoptés majeurs,
que pour les adoptés mineurs de plus de 14 ans, que pour les
adoptés mineurs de moins de 14 ans (ces derniers avec laccord
de leurs parents adoptifs), et que pour le parent biologique, il soit
donné les droits de veto suivants : soit le droit de veto
dinformation et le droit de veto de contact.
Le droit au VETO DINFORMATION (aucune identité
ne peut être dévoilée)
- Le parent de naissance doit inscrire ce veto lannée
précédant la majorité de ladopté.
- Lidentité ne peut être dévoilée
que par le retrait de ce veto, retrait qui peut se faire à
tout moment.
- Lidentité des parents de naissance serait donnée
2 ans après le décès, sauf sil est écrit
au dossier les motifs de ne pas révéler même après
le décès. Dans ce cas, à la demande de ladopté,
ces motifs pourraient être vérifiés par un tribunal.
- Sil ny a pas de veto, ladopté ou le parent
a droit dêtre informé sur lidentité
de lautre partie, sauf si ladopté est mineur.
Le droit au VETO DE CONTACT (aucune possibilité de
retrouvailles)
- La personne recherchée a droit de retirer son veto de contact
à tout moment.
Il est proposé quadvenant le décès du
parent biologique recherché que ladopté puisse avoir
des informations nominatives sur sa fratrie biologique, sil y
a lieu.
La loi sur la recherche dantécédents et de retrouvailles
devra tenir compte des nouvelles réalités de ladoption.
Actuellement, la majorité des adoptions internes au Québec,
sont des enfants " nés de parents vivant des problèmes
de toxicomanie; des enfants plus âgés ayant souffert de
négligence, dabus physique ou sexuel; des enfants avec
carences physiques, affectives et intellectuelles." Beaucoup de
ces enfants ayant été déclarés adoptables
par décision du tribunal, le contexte de recherche dantécédents
et de retrouvailles sera entièrement différent. Entre
autres parce que les enfants plus âgés connaissent leurs
parents de naissance, quils ont parfois des contacts avec eux
et quil serait important de maintenir ces contacts.
Il existe, toujours à linterne au Québec, différents
types dadoption : on parle dadoptions ouvertes, semi-ouvertes
ou fermées. Certains parents de naissance souhaitent choisir les
parents adoptifs via un rapport ou une rencontre anonyme ou une rencontre
avec échange didentité. Certains parents de naissance
souhaitent être informés périodiquement du développement
de leur enfant après son adoption. Certains vivent une adoption
sans confidentialité, lenfant étant adopté
par une famille connue des parents de naissance. Dans dautres adoptions,
des liens sont maintenus entre des frères et surs adoptés
par des familles différentes.
Il y a aussi le projet Banque-Mixte. Pour ce projet, les services
sociaux étudient les dossiers de familles ayant déjà
abandonné un enfant ou dont un ou plusieurs enfants ont été
retirés par décision du tribunal. Si la mère dune
de ces familles est enceinte ou si un événement majeur
se produit comme par exemple, un parent emprisonné ou interné
ou en cure de désintoxication, les services sociaux estimeront
si lenfant ou les enfants de la fratrie sont à grand risque
dabandon. Sil y a lieu, pour leur assurer le plus rapidement
possible un projet de vie stable, lenfant ou les enfants seront
placés dans des familles qui désirent adopter, ce qui
se produit effectivement dans plus de 80% des cas.
Actuellement, il manque de familles dans le projet Banque-Mixte, car
plusieurs trouvent trop grand le risque de se voir retirer lenfant
au bout dun an après sy être attachés
et lavoir considéré comme le sien. Pendant cette
période dun an ou plus, la famille adoptive est en contact
direct avec les parents de naissance. Ces derniers doivent prouver quils
sont en mesure de reprendre lenfant et de lui assurer un milieu
de vie stable, sinon, lenfant sera déclaré adoptable
par la famille Banque-Mixte.
Pour les enfants plus âgés, il manque aussi cruellement
de familles prêtes à les adopter. Pourtant bon nombre de
familles vont chercher des enfants plus âgés ailleurs dans
le monde. Est-ce lidée quailleurs les enfants ont
moins souffert dabus physiques ou sexuels? Est-ce parce que ladoption
internationale est devenue une mode? Est-ce la croyance que lenfant
sera plus à soi, car les services sociaux du Québec ninterviennent
que très peu dans la post-adoption internationale? Est-ce le
fait que les parents de naissance soient loin, donc moins susceptibles
de perturber la relation familiale?
Une autre réalité de ladoption au Québec,
cest ladoption internationale.
Au Québec, il entre en moyenne 700 enfants par année
principalement de Chine (44% des enfants), dHaïti, de Russie,
du Vietnam, ces 4 pays représentant près de 70% des adoptions.
Dans 92% les familles adoptantes sont des couples, et dans 8%,
un parent célibataire, homme ou femme. Les enfants adoptés
par des familles monoparentales viennent de Chine, dHaïti,
du Guatemala, du Vietnam, de Bolivie.
La réalité de ladoption internationale pose de
nouveaux problèmes éthiques et de nouveaux défis.
Plusieurs des enfants proposés sont plus âgés et
ont des problèmes de santé graves que les parents adoptifs
découvrent lors dexamens médicaux à leur
retour du pays étranger (hépatite B, SIDA, syndrome dalcoolisation
ftale, des enfants souffrant de stress post-traumatique, dintoxication
au plomb, aux radiations, etc.)
Quen est-il des retrouvailles en adoption internationale? La
loi québécoise inclut laccès au dossier pour
ces enfants aussi, car tous les enfants adoptés ont les mêmes
droits. Par contre, les services sociaux possèdent très
peu dinformations au dossier à part lévaluation
psychosociale et des documents de base sur les parents adoptifs Ils
ont très peu ou pas du tout dinformations sur les origines
de lenfant. Il a été convenu dans la Convention
de La Haye que " les autorités compétentes dun
État doivent conserver les informations quelles détiennent
sur les origines de lenfant (identité de ses parents, informations
médicales sur lenfant et sur sa famille d'origine). Les
autorités assurent laccès de lenfant à
ces informations dans la mesure permise par la loi de lÉtat
dorigine. " Par contre, ces mesures sont encore peu
appliquées et il y aura donc à mettre sur pied un système
pour que les enfants adoptés à létranger
aient tous la chance de retrouver des informations sur leurs origines.
Une autre réalité actuelle qui aura un impact sur la
recherche dantécédents et les retrouvailles, ce
sont les nouvelles techniques de reproduction. Dans le Code civil
du Québec, il y a " impossibilité de fonder
un lien de filiation entre le donneur et lenfant, à moins
dun préjudice grave à la santé de lenfant
ou à ses descendants. " Mais ces enfants ne demanderont-ils
pas eux aussi le droit à leurs origines? Au contraire des adoptions,
les informations sont détenues par les autorités médicales
et non par les services sociaux ou juridiques. Puisque le consensus
social actuel reconnaît aux enfants adoptés le droit fondamental
de connaître leurs origines, il serait étonnant que les
enfants issus des nouvelles techniques de reproduction nexigent
pas ce droit à leur tour.
Ce sont souvent des étudiants en médecine qui ont donné
gratuitement leur semence à la science, parce quils étaient
plus sensibilisés; ces pères biologiques de plusieurs
dizaines dembryons vont-ils recevoir un jour une demande de rencontres
avec leurs nombreux enfants? Et que se passera-t-il pour les enfants
nés dembryons conçus in vitro et implantés
dans le corps dune autre femme que la mère biologique?
Et quen sera-t-il pour les enfants ainsi conçus qui désireront
avoir des renseignements sur leurs antécédents médicaux?
Comment savoir si deux personnes qui désirent se marier ont des
liens de consanguinité?
Il devra y avoir un débat éthique concernant ce phénomène.
La prochaine loi doit donc inclure un grand nombre de cas de figures.
La confidentialité est maintenue mais elle a perdu son caractère
absolu. Dans cette loi, il est proposé des solutions aux cas
de recherche dantécédents et de retrouvailles pour
des adoptions qui ont eu lieu avant 1985. Pour les cas denfants
plus âgés, pour les cas dadoption internationale
et pour les cas denfants nés via les nouvelles techniques
de reproduction, il y aura dautres problèmes déthique
et la morale de la société devra sajuster aux nombreux
changements quils susciteront.
La société québécoise à travers
son histoire sest montrée ouverte à recevoir en
son sein des enfants sans famille. Ils font même preuve dune
ouverture inégalée dans le monde. Par exemple, depuis
1993, il y eut une moyenne de 700 adoptions internationales par année
et plus de 400 adoptions internes pour une population de 7 millions
dhabitants. Cest probablement le plus haut taux dadoptions
internationales par rapport à sa population. En France, ils reçoivent
actuellement environ 3 000 enfants de linternational par
année pour une population de 70 millions dhabitants. Pour
égaler proportionnellement le Québec, il vous faudrait
recevoir près de 7 000 enfants de létranger annuellement.
Les États-Unis reçoivent quant à eux 10 000
enfants pour une population de 250 millions dhabitants.
Le phénomène de ladoption autant nationale quinternationale
touche la majorité des familles du Québec. Avec une population
si peu nombreuse et si concernée, il est plus facile de sensibiliser
la société à une recherche de nouvelles solutions.
Et, ce qui est le plus important, cest que la population peut
agir directement sur la prise de décisions dune nouvelle
éthique sociale, donc elle peut appliquer plus rapidement les
solutions trouvées.
Claire-Marie Gagnon
Texte de conférence présenté
à Paris, Congrès EFA 2000 " ADOPTION, ÉTHIQUE
ET FAMILLES. Un résumé de ce texte est également
paru dans «La Cigogne», journal de la Fédération
des parents adoptants du Québec, Printemps 2001, pages 16-17.
Bibliographie
Actes du Colloque Adoption 94, Dessine-moi une famille, Ministère
de la Santé et des Services sociaux, Saint-Hyacinthe, 11 et 12
novembre 1994
Cadier Anne, Chalon Simone, Ciccone Albert, Lavergne-Rondepierre Dominique,
Marinopoulos Sophie, Szejer Myriam, Naissance et secret : le
droit à ses origines, Érès, France, 1999
Chicoine Dr Jean-François, Chicoine Dr Luc, Germain Patricia,
Adoption internationale : contexte de la visite médicale
post-adoption, Le clinicien, août 1998. Ce texte peut être
consulté dans ce site, section
santé.
Code civil du Québec, articles du code traitant du caractère
confidentiel des dossiers dadoption, art. 582, 583, 584.
Comité de travail interministériel, Recherche dantécédents
sociobiologiques et retrouvailles, Rapport du Comité de travail
interministériel, Ministère de la Santé et des
Services sociaux, 30 novembre 1999
Desaulniers André, Ladopté et la loi; Le droit
de savoir; ladopté, sa santé et ses deux filiations,
articles préparés pour le Mouvement Retrouvailles, 11
mai 2000, http://www.mouvement-retrouvailles.qc.ca/ressources.html
Enfance et familles dadoption, De la circulaire Guigou à
léthique de ladoption, Revue Accueil, No 1, février
2000
Ouellette Françoise-Romaine, Les adoptions internationales
au Québec, 1990-1994, Ministère de la Santé
et des services sociaux, 1996
© Copyright 2001 -
Claire-Marie Gagnon - Gilles Breton Tous droits réservés.
Date de publication: 20 mai 2001
URL = http://www.quebecadoption.net/adoption/preadopt/ethique1.html
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