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Le débat sur l'homoparentéSi on se donne la peine de chercher un peu, on trouve des centaines d'études sur les parents homosexuels (références). Ces travaux de recherche ont porté sur dune part, les gays et les lesbiennes : leur santé mentale et leur compétences parentales et dautre part les enfants élevés par des gays ou des lesbiennes. Les sujets abordés dans ces études sont les sujets dinquiétudes habituellement exprimées : lidentité sexuelle, le développement personnel et les relations sociales des enfants avec leurs camarades et avec les adultes. En santé mentale, lAmerican Psychiatric Association a depuis plus de 20 ans retiré lhomosexualité de la liste des maladies mentales. Néanmoins, on prétend parfois que les personnes homosexuelles ne sont pas aptes à être de bons parents, que les lesbiennes sont moins maternelles que les femmes hétérosexuelles, que les relations des personnes homosexuelles avec leurs partenaires leurs laissent peu de temps pour des interactions parents-enfants durables. Les résultats de recherche jusqu'à maintenant ont échoué à confirmer ces croyances (1). Lidentité sexuelle comporte quatre volets :
L'identité de genre (2) Les études concernant des enfants, dont lâge se situait entre 5 à 14 ans, ont été réalisées avec des tests et des procédures dinterviews. Elles ont révélé un développement normal de lidentité de genre. Tous les enfants ont déclaré quils étaient satisfaits de leur appartenance au genre masculin ou féminin et quils navaient pas un sentiment d'appartenance au sexe opposé. Le comportement sexué (3) Il sagit du comportement habituellement considéré par la culture et la société comme adapté au genre de la personne. Un certain nombre détudes ont examiné le comportement sexué des enfants de mères lesbiennes. Elles concluent toutes que leurs comportements entrent dans le cadre habituel des comportements conventionnels. Kirkpatrick, par exemple, na trouvé aucune différence en ce qui concerne les préférences de jouets, les activités ou les centres dintérêt des enfants quils sagissent denfants de mères lesbiennes ou de mères hétérosexuelles. Green a comparé 56 enfants de mères lesbiennes et 48 enfants de mères hétérosexuelles et na trouvé aucune différence en ce qui concerne les programmes de télévision favoris, les héros préférés ou les jouets et jeux. La virilité et la féminité (4) Rees en 1979 a soumis 24 adolescents au BSRI, " Bem Sex Role Inventory ". La moitié avait une mère lesbienne divorcée et lautre une mère hétérosexuelle. Le BSRI donne des indicateurs de masculinité et de féminité et un indicateur dandrogynie. Les enfants de mères lesbiennes ne différaient pas sur la masculinité et sur landrogynie mais ils faisaient preuve dune plus grande féminité psychologique. Ce qui peut aller à lencontre du préjugé selon lequel les lesbiennes manquent de féminité. L'orientation sexuelle (5) Susan Golombok et Fiona Tasker, professeurs de psychologie au Family and Child Psychology Research Center de la City University de Londres ont publié en 1996 les résultats dune étude longitudinale sur lorientation sexuelle des adultes qui ont été élevés dans des familles lesbiennes. 25 enfants de mères lesbiennes et un groupe de contrôle de 21 enfants de mères hétérosexuelles ont été vu à lage de 9 ans et demi une première fois, puis à lâge de 23 ans. Pour la très grande majorité, ils sont hétérosexuels. Le pourcentage denfants élevés par des mères lesbiennes et qui deviennent homosexuels est identique au pourcentage dhomosexuels dans la population générale (8%)
Une étude québécoise, Le rapport Bertrand sur le vécu de 1000 femmes lesbiennes, paru en 1984, a étudié la question de lorientation sexuelle des enfants élevés par des parents homosexuels. Les 148 mères lesbiennes ayant participé à la recherche ont eu au total 139 filles et 141 garçons. 3% des filles en âge dexprimer leur sexualité sont lesbiennes et 6% des garçons sont gays. 1,5% des 1000 femmes interrogées affirment avoir une mère lesbienne ou un père homosexuel. D'après Olivier en 1988, le pourcentage dhomosexuels dans la population québécoise varie entre 5 à 10% Le développement personnel (6) Le centre de fertilité de lhôpital académique de la Vrije Universiteit de Bruxelles offre à des couples lesbiens la possibilité de concevoir des enfants par insémination artificielle. Une étude a été réalisée par Brewaeys, Ponjaert, Hall et Golombok en 1997 sur le fonctionnement familial et le développement des enfants dans ces familles. Trois formes familiales ont été comparées: des familles avec donneur de lesbiennes et hétérosexuelles et des familles hétérosexuelles ayant conçu des enfants de façon naturelle. Le groupe de recherche contenait les deux parents et les enfants qui, à ce moment-là, avaient entre 4 et 8 ans. 35 enfants de famille lesbiennes et 36 enfants de familles hétérosexuelles ont subis le CBCL, Children Behavioral Checking List) qui mesure L'adaptation émotionnelle et comportementale des enfants. Cet instrument souvent utilisé rend compte des problèmes comportementaux et/ou émotionnels possibles chez l'enfant et révèle des données sur sa compétence sociale. Pas de différence significative entre les enfants nés dans les couples lesbiens et les enfants nés dans des couples hétérosexuels. La seule différence notable est entre les enfants nés dIAD et les enfants conçus naturellement. Le groupe des enfants nés dIAD dans les familles hétérosexuelles, a un score plus élevé de problèmes comportementaux que les enfants nés dIAD dans les couples lesbiens. Les relations sociales (7) Avec les pairs: trois articles ont présenté les travaux de recherche sur les relations denfants de mères lesbiennes avec leurs camarades. Les résultats suggèrent un développement normal des relations avec leurs camarades. La plupart des enfants en âge scolaire font état de ce que leurs meilleurs amis sont du même sexe. La qualité des relations avec leurs camarades est positive. Les jeunes adultes élevés dans des familles lesbiennes ne rapportent pas plus fréquemment que les autres avoir subi des railleries et des moqueries que ceux élevés par une mère hétérosexuelle. En revanche, ils se souvenaient avoir été taxés dêtre homosexuel eux-mêmes, quoiquils aient pu être davantage susceptibles de se remémorer de tels incidents. Avec les adultes: Les études des relations avec les adultes parmi les enfants des familles homoparentales donnent également une image globalement positive. Dans une étude, les enfants de mère divorcée lesbienne ont par exemple plus souvent des contacts avec leurs pères que ceux des mères hétérosexuelles divorcées. Les parents hétérosexuels diffèrent des parents gays ou lesbiens en ceci quils sont plus nombreux à dire que les visites des enfants à lautre parent présentaient des problèmes pour eux. Les jeunes adultes qui ont grandi dans un foyer lesbien décrivent leur relation à la compagne de leur mère de manière plus positive que ceux qui avaient été élevés par une mère hétérosexuelle et son nouveau compagnon. Ceux qui étaient les plus négatifs quant à lexpérience de grandir dans une famille homoparentale étaient issus dun milieu ouvrier et vivaient dans un environnement généralement hostile à lhomosexualité. Nous devons lutter contre la discrimination et non la cautionner. Seriez-vous prêt à interdire à des juifs, à des noirs ou à des personnes subissant une discrimination quant à lethnie ou la religion, de devenir parent sous prétexte de ne pas exposer leurs enfants à la discrimination? Les enfants de parents homosexuels existent déjà. On estime leur nombre à 6 millions aux États-Unis seulement (familiypride.org). Faisons leur une société qui accueille leurs différences et leurs richesses. Un enfant a t-il nécessairement besoin dun homme et dune femme pour bien se développer ? (8) Tout dabord, on ne peut pas ignorer que de nombreux enfants sont élevés par une personne seule. Un grand nombre des difficultés à élever un enfant dans une famille monoparentale, disparaissent dans le contexte de deux parents de même sexe. Les parents sentraident et prennent les décisions ensemble, lenfant se trouve aimé et élevé par deux personnes. Quant à l'identification d'un modèle de son propre sexe, l'enfant pourra trouver des repères dans le monde environnant. Ensuite, nombre de psychanalystes font appel à deux concepts essentiels pour la construction psychique de la personne :
La triangulation est le fait de lexistence dune tierce personne qui empêche quune trop grande fusion sinstalle entre la mère et lenfant. Pour se construire, un enfant aurait besoin que sa mère se détache de lui et ait du désir pour une autre personne que pour son enfant. Cette tierce personne peut être un homme ou une femme. L'adoption et les familles homoparentales Dossier préparé par: |
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