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le drame de l'infertilité 1 |
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D'abord, le traitement de l'infertilité entraîne une importante perte du contrôle de sa vie. Il faut se plier à toutes sortes d'exigences de la part des médecins: décompte des relations sexuelles, prises d'échantillons et de données, examens de toutes sortes, etc. Comme il ne faut pas «rater» un mois, la vie devient organisée par la nécessité de «faire la chose».
Et puis, il faut prendre des médicaments, des hormones qui contribuent à des changements d'humeur considérables; on a l'impression de ne plus contrôler ses émotions.
Enfin, plusieurs décisions sont remises à plus tard, au cas où la femme deviendrait finalement enceinte.
Spécialement pour les personnes pour lesquelles le fait de contrôler leur vie est un élément important de l'estime de soi, l'infertilité fait l'effet d'une perte dévastatrice de contrôle.
Par ailleurs, l'infertilité signifie que l'individu perd sa possibilité de continuité génétique. Même dans un contexte multiculturel où il y a de plus en plus de mélange des lignées, il demeure important pour plusieurs personnes d'avoir des descendants, de perpétuer son nom et sa famille. Quelqu'en soit la raison, les personnes qui partagent ce sentiment ont plus de difficultés à accepter que l'adoption soit une façon légitime de former une famille.
Malgré des améliorations aux lois, la société perçoit encore les relations parents-enfants dans le cadre restreint des «liens du sang». Dans cette perspective, les couples infertiles possèdent une sorte de «handicap social». S'ils adoptent, ils deviennent d'une certaine façon «marginaux» pour le reste de leur vie. En plus, l'infertilité touche aussi le reste de la famille. Elle signifie notamment que les parents aussi n'auront plus la chance de devenir grands-parent.
Au départ, le rêve de devenir parents comprend tout naturellement la conception d'un enfant avec notre partenaire de vie. Après avoir choisi soigneusement ce partenaire, on peut se demander quels traits de l'un ou de l'autre seront transmis à l'enfant. Pour certains, la perte de cet enfant rêvé, celui qui combine les qualités des deux parents, est très difficile à accepter, notamment parce qu'il représente une ultime expression d'intimité entre partenaires, un lien éternel.
Même si ce sont les femmes qui portent les enfants, la possibilité de donner la vie représente pour beaucoup de gens l'expression ultime de la masculinité ou de la féminité. La perte de cette possibilité met en cause leurs sentiments à l'égard de leur maturité et de leur sexualité, comme le montre les résistances face à l'éventualité d'une stérilisation, même pour des personnes qui ont déjà donné la vie. Ces sentiments proviennent des attentes sociales. Ainsi, c'est l'inconfort provoqué par l'idée de perdre cette possibilité physique de rendre/devenir enceinte qui amène des étrangers à faire des blagues de mauvais goût du genre: «Avez-vous besoin d'aide? ou «Voulez-vous que je vous montre comment on fait?».
Les gratifications émotionnelles de la grossesse, de la préparation à la naissance, des soins au nouveau-né font aussi partie de nos attentes lorsqu'on pense à devenir parents. Les couples s'y préparent souvent avec une grande attention; ils se sentent encore plus unis par cette préparation. Autrefois, les accouchements se faisaient sous anesthésie dans une chambre stérile, en l'absence du mari, l'enfant étant rapidement séparé de la mère et nourrit au biberon. De nos jours, le contexte des naissances est bien différent et renforce les attentes envers le fait de donner la vie ce qui augmente la peine lors qu'on se découvre infertile.
Enfin, l'infertilité met en doute notre possibilité d'être parent, ce qui est un objectif de vie de beaucoup d'adultes. Des psychologues ont montré que certaines personnes infertiles réorientent ce besoin de diverses façons en interagissant avec leurs neveux et nièces, en travaillant avec des enfants, en agissant comme bénévoles pour des organismes visant les enfants etc. Mais ces moyens détournés ne satisfont pas tous les parents potentiels bien que l'exploration de ces options, pour rediriger le besoin d'être parent, est une avenue valable pour réagir aux pertes dues à l'infertilité.
Devenir une victime
Se sentant incompétent et ayant perdu confiance en eux, les personnes infertiles deviennent moins en mesure de prendre des décisions. Elles commencent à donner de plus en plus de contrôle aux autres. Ce sont ces personnes qui vont passer obsessivement de traitement en traitement et poursuivre une vie sans enfant parce qu'elles sont incapables de prendre la décision de considérer les autres options qui leur sont encore ouvertes.
Ces personnes agissant comme des victimes sont prêtes à tout pour «avoir un enfant». Elles empruntent exagérément, elles ne pensent pas aux parents confus et paniqués d'avoir des triplets en raison du «traitement», elles peuvent considérer et même se lancer dans des adoptions pas tout à fait légales sans aucune préparation et sans réaliser que le statut de parent adoptif est fort différent et représente un défi particulier.
C'est la faute de qui?
Même s'il y a beaucoup de couples dont l'infertilité vient du fait que les deux partenaires sont peu fertiles, dans la majorité des cas, tout le poids de l'infertilité repose sur l'une des personnes.
C'est de sa faute. Et alors on peut assister à toutes sortes de réactions dont la dépression, la colère ou la volonté d'en sortir par le divorce.
Pourtant, dans beaucoup de cas, le partenaire fertile se sent tout aussi infertile! Et devant la peine profonde de son conjoint, l'idée de «faute» n'est pas la sienne. Le drame de l'infertilité est si dévastateur qu'on peut en venir à oublier que c'est l'amour qui a réuni le couple il faut réitérer cet engagement et miser sur sa force pour pouvoir examiner calmement toutes les options possibles pour faire face à l'infertilité.
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Afin de conserver ou de reprendre le contrôle de sa vie, il faut se donner un plan d'action qui permettra de «prendre en charge» son infertilité. Ce plan est fondé sur des composantes distinctes qui doivent être entreprises en respectant les sentiments et les opinions de l'autre. Pour réussir, il doit devenir le plan du couple et non seulement celui de l'un des partenaires. Voici les composantes de ce plan:
Être parent après l'infertilité
L'infertilité vous a fait vivre une crise majeure, souvent plus tôt dans votre vie que les personnes qui vous entourent. L'infertilité a testé votre relation avec votre partenaire, vos façons de communiquer et votre niveau d'intimité. En raison de votre infertilité, vous avez longuement réfléchi aux motivations qui vous poussent à vouloir devenir parent. Vous avez pesé tous les éléments qui vous amènent à consacrer d'énormes quantités de temps, d'argent, d'énergie physique et psychologique pour atteindre votre objectif. Ainsi, l'infertilité vous a significativement changé de plusieurs façons.
Si vous avez surmonté toutes ces difficultés, il y a de bonnes chances que vous soyez devenu un père ou une mère différente. Probablement que vous serez plus engagé dans votre rôle, ne prenant rien pour acquis. Vous serez plus réaliste sur ce qu'on peut contrôler et ce qu'on ne peut pas contrôler; votre couple sera aussi mieux balancé dans son rôle parental.
Préoccupations et défis après l'infertilité
Bien que le plus souvent les couples qui surmontent leur infertilité et qui réussissent à former une famille, d'une façon ou une autre, se débrouillent plutôt bien, il y a tout de même des questions ou des problèmes qui découlent de l'infertilité. En voici quelques-uns:
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L'infertilité est comme un voyage. On peut emprunter toutes sortes de chemin, vivre toutes sortes de difficultés, arriver ou non à bon port, plus ou moins sains et saufs. Mais l'essentiel c'est que le voyage lui-même peut être une expérience merveilleuse et enrichissante si vous trouvez la force de «prendre en charge» vos difficultés plutôt que de vous laissez dériver au gré des flots.
Qu'il y ait ou non un enfant dans votre vie par la suite, vous pouvez faire en sorte que votre vie soit satisfaisante. Vous avez plusieurs choix dont l'adoption que vous pouvez explorer. Mais quoiqu'il soit, vous vous devez de plonger.
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