L'adoption internationale privée au Québec
(situation avant le 1er février 2006)
L'adoption privée
est plus compliquée que l'adoption par un organisme agréé,
précisément parce que vous payez celui-ci pour vous aider
à faire vos démarches et pour sa connaissance de l'adoption
dans un pays quelconque. Pour minimiser la difficulté, les parents
doivent s'entraider. Si ce mode d'adoption vous intéresse, lisez
cette page sur «lentraide
en adoption privée».
Quel que soit le mode d'adoption, les procédures d'adoption
internationale au Québec sont expliquées en détail
dans ce site. De plus, le SAI a expliqué lui-même comment
«On
peut adopter sans intermédiaire».

Les dispositions légales en adoption
privée
Les dispositions législatives québécoises nutilisent
pas comme tel le terme «adoption privée». Voici textuellement
larticle de la loi qui rend légale ladoption privée:
Art. 564 - Les démarches en vue de
l'adoption sont effectuées soit par l'adoptant, dans les conditions
prévues par la Loi sur la protection de la jeunesse, soit, à
la demande de l'adoptant, par le ministre de la Santé et des
Services sociaux ou par un organisme agrée en vertu de la même
loi.
Cet article renvoie à toutes les conditions de la Loi sur la
protection de la Jeunesse. Une compilation des articles de loi en adoption
au Québec est disponible dans ce site.
Essentiellement, voici les principales conditions découlant
de la loi:
- obtenir une évaluation psychosociale positive comme pour
toutes les adoptions internationales;
- trouver un contact dans un pays étranger susceptible de vous
faire une proposition denfant qui respecte toutes les lois applicables
dans ce pays;
- consulter le SAI qui vérifie, compte tenu des renseignements
dont il dispose, si la procédure proposée est régulière.
Il consulte, s'il y a lieu, les autorités compétentes
au Québec ou celles de l'État où l'enfant a son
domicile.
Ensuite, si le SAI juge que tout est «régulier»,
il vous remet la «lettre de non-opposition», qui indique que
le SAI ne soppose pas à votre projet dadoption, laquelle
est indispensable pour obtenir lautorisation nécessaire
pour que lenfant puisse entrer au Canada (voir
procédures).

Linterprétation écrite du
SAI
En 1990, suite à la mise en vigueur du régime légal
actuel, le SAI a publié le premier numéro de son journal
«Adopt-Info» dans lequel on trouve un texte intitulé:
«On
peut adopter sans intermédiaire».
En résumant, on apprend dans ce texte que (3):
- «sans ambiguité», il est légal de faire
une adoption sans intermédiaire au Québec (privée);
- cela signifie que sans intermédiaire ladoptant doit
« sadresser lui-même à un contact à
létranger, quil expédie son dossier lui-même,
quil reçoit directement la proposition denfant
de son contact à l'étranger, sans passer par un intermédiaire
au Québec»;
- pour permettre au SAI de vérifier la procédure, ladoptant
doit produire les documents suivants:
- le certificat de naissance de lenfant ou un document
officiel équivalent;
- un jugement dadoption ou de garde, un certificat dabandon
ou un consentement à ladoption rédigé
selon la loi du pays;
- une lettre de lorganisme privé ou public qui a
fait la proposition denfant indiquant en vertu de quelle
autorité il a fait la proposition;
- une évaluation
psychosociale positive.
Le texte ajoute que «la vérification du SAI ne doit pas
devenir un frein qui ralentit le projet dadoption. La seule raison
de son existence est de donner, surtout au bénéfice de
lenfant, de ses parents et des adoptants, une meilleure assurance
que tout est fait légalement et correctement» (3).

Les règles non écrites du SAI
En plus des dispositions légales, le SAI applique des règles
non écrites. Parce quelles ne sont pas écrites officiellement
par le SAI, vous comprendrez quil est très difficile de
vous garantir que cette page est sans erreur. Dès que le SAI
émettra des directives officielles, elles remplaceront ce qui
suit.
Verbalement, le SAI indique que les cas dadoption privée
sont acceptables à ses yeux et quil peut émettre
la lettre de non-opposition dans les cas suivants:
- le projet dadoption est présenté par une personne
qui réside temporairement dans un pays étranger (par
exemple, un coopérant, une personne ayant un emploi à
létranger). Elle doit alors avoir trouvé un contact
personnel directement dans le pays qui peut lui faire une proposition
denfant légale dans ce même pays. Le projet pourrait
(?) aussi être acceptable sil est présenté
juste après le retour au Québec de cette personne.
- le projet dadoption est présenté par une personne
dont un proche parent réside temporairement dans un pays étranger
et se trouve dans la même situation que précédemment.
Nous ignorons la nature du lien de parenté requise par le SAI.
Peut-être quun ami proche (en poste à létranger)
serait aussi acceptable (?).
- le projet dadoption est présenté par une personne
qui a contacté et obtenu une proposition denfant, directement
et sans intermédiaire, dune autorité gouvernementale
dune autre province ou dune agence privée officiellement
agréée dans cette autre province. Par exemple, les sociétés
daide à lenfance de lOntario ont déjà
placé des enfants au Québec (toute adoption dun
enfant résidant hors du Québec est une adoption internationale
contrôlée par le SAI).
- par extension, on peut penser que le SAI accepterait aussi un projet
dadoption qui se ferait entre un québécois et
un service gouvernemental dun pays étranger compétent
en matière d'adoption. On voit mal pourquoi ce que la loi permet
pour le reste du Canada serait interdit pour les autres pays, puisque
dans les deux cas il s'agit d'adoption hors du Québec.
Tous les autres projets dadoption, ne se rapprochant pas de ceux
décrits plus haut, peuvent être bloqués par le SAI,
selon une évaluation du dossier au cas par cas.
Ainsi, des personnes nous ont mentionné que le SAI remettait
en question la nature du contact à l'étranger. La loi
oblige le SAI à vérifier que ce contact agit en toute
légalité dans son pays. Le SAI a décrit lui-même
comment il fait cette vérification:
«lorsque la proposition est faite par un organisme public
ou privé à l'étranger, une lettre de cet organisme
indiquant en vertu de quelle autorité il propose l'enfant et
identifiant la ou les personnes à qui l'enfant est proposé;»,
doit être fournie au SAI.
Le SAI peut en plus utiliser d'autres moyens pour faire ses vérifications
comme par exemple téléphoner aux ambassades ou à
l'étranger, etc. Cependant, rien dans la loi québécoise
ne permet au SAI d'accepter à l'avance un type de contact ou d'en
refuser un autre. Toute personne ou organisme à l'étranger,
qui peut démontrer qu'il agit légalement dans ce pays pour
vous proposer un enfant, devrait être acceptable par le SAI.
Par exemple, rien n'indique dans la loi québécoise que
les agences d'adoption américaines sont inacceptables. Si des
parents veulent contacter une agence d'adoption américaine ou
française qui agit légalement dans un pays quelconque
et que vous pouvez obtenir les documents légaux indiqués
plus hauts, le SAI devrait l'accepter. À notre avis et à
moins qu'un juge dise le contraire, la loi interdit de procéder
par un intermédiaire québécois qui n'est pas agréé,
mais elle ne dit rien sur la nature du contact ou de l'intermédiaire
à l'étranger.
Note importante: Ne cherchez pas dans la loi où
se trouvent toutes ces règles supplémentaires appliquées
par le SAI depuis quelques mois. Elles ne font pas partie des textes
de loi ni de règlements afférents. Il s'agit de règles
administratives que le SAI sest données pour juger du caractère
«régulier» dun projet dadoption privée.
Aucun document officiel du SAI ne les explique.
Nous avons expliqué le mieux possible ce que nous comprenons
de la position actuelle du SAI en adoption privée mais, encore
une fois, tout cela vient de conversations avec le SAI et avec des parents.
Aucune source écrite officielle n'est disponible.Les visiteurs
attentifs de ce site savent que ce nest pas notre politique habituelle
puisque nous utilisons toujours des sources publiques vérifiables.
Nous sommes donc très mal à laise de devoir ajouter
cette page au site dans cette situation. Depuis bientôt un an
que le site existe, il était de plus en plus intolérable
quil ne contienne pas une page sur ladoption privée,
une forme dadoption tout à fait légale au Québec.
Il y a eu des centaines d'adoptions privées au Québec
depuis 1990 alors que le SAI se limitait à vérifer les
documents comme indiqués précédemment. Il n'y a
eu aucun changement à la loi imposant de nouvelles conditions.
Malgré cette situation pour le moins ambigüe, nous vous
recommandons de toujours dire la vérité au SAI. Ninventez
pas une histoire semblable à celles indiquées plus haut.
Cest une attitude personnelle. Nous disons toujours la vérité
dans ce site, quel qu'elle soit.
Si vous croyez sincèrement que vous avez trouvé un contact
à létranger qui respecte toutes les lois de ce pays,
que vous avez respecté toutes les dispositions légales
applicables au Québec, mais que le SAI refuse votre projet, vous
pouvez contester la décision du SAI selon les moyens habituels
dans une démocratie afin de faire valoir vos droits.
Quon nous comprenne bien. Nous ne sommes pas en guerre contre
le SAI. Celui-ci a de bonnes raisons de se méfier de ladoption
privée parce que les risques de dérapage sont réels
(ex: possibilité que vous tombiez dans les griffes dun
réseau de voleurs ou dacheteurs denfants).
Toutefois, nous ne voyons pas quelles dispositions légales permettent
au SAI dimposer des règles qu'il se refuse à écrire.
Nous pensons que, si le SAI veut restreindre ladoption privée
comme il le fait de facto, il doit demander des modifications aux lois
québécoises.

Note
- Au Québec, on utilise le terme «adoption privée»
ou «adoption par contact privé» pour désigner
les adoptions où les parents nutilisent pas les services
dun intermédiaire au Québec. Les adoptants font
plutôt les démarches à l'étranger eux-mêmes.
Dans le monde anglosaxon, on utilise dautres expressions
comme «independant adoption». Le terme «private adoption»
désigne une adoption qui se réalise par une entente
directe entre la mère biologique et les parents adoptifs.
Dans ce cas, on peut suggérer l'emploi du terme «adoption
directe». Notez que ladoption directe à l'intérieur
du Québec est illégale selon la loi québécoise
mais légale dans plusieurs autres provinces et aux États-Unis.
La très grande majorité des adoptions par contact
privé ne se font pas directement avec les parents de naissance
(nous ne connaissons aucun cas) mais plutôt avec un intermédiaire,
privé ou public, légal à l'étranger.
Notez que la Convention de la Haye n'est pas favorable à
l'adoption directe, mais elle autorise l'adoption privée
si le pays d'origine et le pays hôte l'autorisent.
Vous
pouvez obtenir une copie de la plupart des lois
d'adoption de plusieurs pays en faisant une demande à:
Me Germain Paiement
Direction des Affaires juridiques
Ministère des Transports
700, boul. René Lévesque est, 26e étage
Québec, Québec
G1R 5H1
Tél.: (418) 643-6937 Télc.: (418-643-3980
- Secrétariat à l'adoption internationale, Adopt-Info,
vol.1, no 1, octobre 1990, pages 6-7.
© Copyright 1997-
Gilles Breton Tous droits réservés.
URL
= http://www.quebecadoption.net/adoption/procedures/priveold.html
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