En lisant la page principale sur l'adoption privée, vous avez sans doute pensé quil est bien trop compliqué et quasi impossible de faire une adoption privée au Québec, sauf des cas très particuliers. Et bien, cela peut être plus facile si vous pouvez obtenir laide d'autres parents qui l'ont déjà fait.Depuis 1990, suite à la mise en vigueur du régime juridique actuel, de nombreux parents se sont entraidés dans leurs projets dadoption. Des parents ayant déjà passé par là ont expliqué à dautres parents comment procéder. Dans tous les pays où elle est possible, ladoption privée fonctionne comme cela. Cest de lentraide.
Au Québec, il existe cependant des limites légales à cette entraide. Ainsi, larticle 135 de la loi de la protection de la jeunesse interdit essentiellement dagir comme intermédiaire dans une adoption sans être un organisme dûment agréé par le SAI. Il est donc illégal de faire des démarches pour quelquun dautre.
La loi dit même que quiconque, «contrairement à la présente loi, place, tente de placer, contribue à placer un enfant en vue de son adoption ou contribue à le faire adopter » est passible damendes très lourdes. Seul un juge pourrait préciser «lintention du législateur» quant à la limite de ce quon peut faire pour que cela soit équivalent à «contribuer à faire adopter».
Si on veut limiter ladoption privée, on prétendra que cela inclut toute forme daide, y compris par exemple donner le nom et les coordonnées dun contact à létranger à une autre personne. Dans le même sens, on pourrait soutenir que la présente page est illégale puisquen vous expliquant la situation, elle contribue à faire adopter des enfants.
Mais bien sûr il est raisonnable de penser que le législateur na pas voulu limiter la liberté dexpression protégée par la Charte des Droits. En lisant la loi, surtout lorsquon tient compte de la Commission parlementaire qui a eu lieu avant son adoption, on conclut que le législateur veut dire quil est illégal de poser des gestes concrets pour faire adopter ou contribuer à faire adopter un enfant en particulier (contribuer à le faire adopter).
En ce sens, il semble raisonnable de penser quil est légal de donner de linformation à dautres parents, dexpliquer, bref de parler. Cependant, tout autre geste, par exemple, contacter quelquun à létranger dans le but dobtenir des propositions denfants à transmettre à dautres personnes, safficher comme un contact avec létranger, envoyer des papiers, préparer des documents, et bien sûr, recevoir de largent pour cela, est illégal au Québec, sauf pour les organismes agréés.
Cest notre interprétation. Sil y a des avocats dans la salle, S.V.P. venez à notre aide. Autrement, espérons quun juge viendra clarifier tout cela. Entre temps, le seul écrit disponible à ce sujet provient du SAI qui, ayant défini ce qu'est un intermédiaire (voir paragraphe précédent), ajoutait:
«Ce qui précède na pas pour conséquence dempêcher une personne de donner son contact à une autre personne ou à une association de donner à ses membres des contacts sérieux et qui agissent légalement. Dans la mesure où cette personne ou cette association ne fait que donner de linformation et ne pose pas les gestes décrits plus haut, elle ne contrevient pas à la loi.»Nous ne pouvons pas garantir que le SAI est encore daccord avec la position quil a lui-même énoncée en 1990.
Source:
Secrétariat à l'adoption internationale, Adopt-Info, no 1, septembre 1990, page 7.Rédaction: Gilles Breton
Date de publication: Décembre 1997
URL = http://www.quebecadoption.net/adoption/procedures/priveentraide.html