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Quels sont les problèmes de santé à craindre
?
Les
enfants adoptés à l'étranger ont une côte
raide à remonter
Sources: Sophie Allard, La Presse, jeudi 9 janvier 2003
Jean-François Chicoine entendu à Indicatif Présent,
Radio-Canada, 14 janvier 2003.
Un article est paru concernant la recherche multidisciplinaire
sur trois ans réalisée, par l'équipe du Dr
Chicoine de l'hôpital Ste-Justine en collaboration avec
le Laboratoire d'étude du nourrisson de L'UQAM. L'étude
porte sur le développement du nourrisson adopté
jusqu'à sa troisième année.
L'hypothèse de départ de l'étude, tel que
mentionné en substance par le Dr Chicoine, est que les
conditions vécus avant l'adoption (prématurité,
SAF, malnutrition, séjour en institution, manque d'attention
et autres problèmes de santé) affecte l'évolution
du bébé après son arrivée au Québec,
malgré tous les bons soins et les efforts des adoptants.
L'un des faits marquants est que la majorité des enfants
adoptés au Québec présentent des troubles
cognitifs à leur arrivée. C'est notamment le cas
de 68% des enfants provenant de Russie, 39% des enfants originaires
de Chine. L'étude comprend 123 enfants adoptés en
1998 et 1999 dont la moyenne d'âge était de 10 mois.
Le groupe "Russie" inclut la Biélorussie et l'Ukraine;
un troisième groupe nommé "Asie" comprenait
le Vietnam, la Thaïlande, la Corée du Sud, Taiwan
et le Cambodge. Il faut donc noter que cette étude ne touchait
pas tous les pays, ni même toutes les régions du
monde d'où proviennent les enfants adoptés au Québec.
Il faut noter également que ces résultats partiels
concernent les trois premiers examens des enfants, soit à
leur arrivée, trois mois et six mois plus tard; les résultats
à plus long terme seront disponibles ultérieurement.
La mesure du retard cognitif a été faite avec
l'indice de Bailey dont la moyenne est 100 avec un écart
de 15. Les résultats situés entre 70 et 85 sont
considérés comme un retard léger. La moyenne
de la population québécoise est de 16%, donc les
résultats des enfants adoptés sont significativement
plus élevés, le double pour la Chine, quatre fois
plus pour la Russie.
Il en va de même pour le développement moteur pour
lequel encore là on estime à 16% des enfants de
la population générale le retard léger à
sévère alors que les taux sont de 59% pour la Russie
et 31% pour la Chine.
Le Dr Chicoine a mentionné en entrevue que six mois après
l'arrivée une partie des enfants n'a pas encore récupéré
leur retard par rapport aux enfants québécois: la
moyenne des enfants du groupe Asie est proche de celle des québécois,
mais les enfants chinois ont encore 2 fois plus de retard cognitif
et de motricité que les québécois, trois
plus fois plus pour les enfants du groupe Europe de l'Est. Il
évalue les cas de SAF des enfants russes à 10%,
ce qui est très élevé, le taux nord -américain
étant de l'ordre de 0,2% (voir alcoolisation
foetale). Selon le Dr, il ne faudrait pas confier ces enfants
en difficultés aux garderies; ils ont besoin de soins spécialisés
(physiothérapie, ergothérapie, etc.) urgents afin
de maximiser leur rattrapage et d'une présence sécurisante
et de l'attention d'un ou des parents à la maison. Le Dr
a indiqué que si l'enfant est adopté avant 8 à
12 mois, il a plus de chance de récupérer rapidement.
Interrogé sur les résultats qu'il anticipe à
la fin de l'étude, trois ans après leur arrivée
au Québec, le Dr Chicoine a indiqué qu'il pense
que la moyenne des enfants d'Asie et de Chine sera probablement
normale (ni plis ni moins de problèmes que les petits québécois),
mais que la moyenne des enfants d'Europe de l'Est pourrait être
encore moins bonne.
La Presse cite les propos suivants du Dr Chicoine: «Les
enfants adoptés, en particulier ceux de l'Europe de l'Est,
ne vont pas bien, même si les parents l'ignorent et que
tout le monde semble heureux, indique le Dr Jean-François
Chicoine, un des chercheurs. Parce que leur état de santé
et leur développement est problématique, ces enfants
méritent d'être suivis de très près
par des équipes médicales compétentes, tant
en pédiatrie qu'en psychologie.»
Globalement, les résultats russes sont meilleurs six
mois après leur arrivée, en raison des meilleurs
soins dont ils bénéficient. Cependant, Mme Andrée
Pomerleau, professeur de psychologie et directrice du volet cognitif
du projet à l'UQAM, aussi citée par La Presse; «Si
l'enfant est adopté avant 12 mois, son développement
suit une courbe positive, dit Mme Pomerleau. Si il est adopté
plus tard, les scores ne changent à peu près pas.».
La Presse signale plusieurs autres problèmes, notamment:
«la malnutrition et un petits poids (un enfant adopté
sur deux), une petite taille (40% des Russes), une circonférence
crânienne inférieure à la normale (35% des
Chinoises), des maladies respiratoires (65% des Chinoises), des
problèmes de peau (de 40 à 60% de tous les enfants),
des maladies organiques (50% des enfants russes), le crâne
plat (45% des Chinoises) et le syndrome alcoolo-foetal chez les
Russes.» Ce serait l'ensemble des facteurs de risque qui
expliquerait le retard relatif de certain: condition durant la
grossesse, attention accordée et conditions générales
à l'orphelinat, âge de l'enfant (durée du
séjour à l'orphelinat), absence ou présence
de problèmes de santé à l'arrivée)
Enfin, il faut noter que les enfants des autres pays d'Asie
sont meilleurs, selon les auteurs, parce que ces enfants sont
soignés par des nourrices plus attentionnées; il
n'éprouvent que très peu de retard de développement
et moins de problèmes généraux de santé.
Pour plus de détails sur les résultats de l'étude:
visitez le site Le
monde est ailleurs. |
De nombreux enfants adoptés ont des problèmes
de santé à leur arrivée, le plus souvent ce sont
des problèmes mineurs. En ce qui concerne les cas de maladies
graves, chroniques ou incurables, il faut d'abord espérer que
les tests et les examens faits dans le pays d'origine auront su les
détecter. Pour cela, il est idéal que l'enfant ait au
moins six mois lors de ces examens. Si le médecin diagnostique
un grave problème de santé, comme l'hépatite B
ou le sida, la proposition peut être retirée ou l'entrée
au pays peut être refusée. Les parents doivent alors subir
une peine immense pour cet enfant qu'ils n'auront pas, parce qu'il est
trop malade, et ils doivent trouver l'énergie d'attendre une
autre proposition d'enfant.
Dans un article du magazine Santé, on cite le Dr J.F. Chicoine,
directeur de la clinique de pédiatrie internationale de l'hôpital
Ste-Justine de Montréal. Celui-ci estime qu'environ 100 des 700
(14%) enfants examinés à la clinique chaque année
ont des problèmes de santé. 35 de ces enfants (5% du total)
ont des problèmes graves, physiques ou mentaux; notamment 3%
des bébé chinois qui arrivent au Québec portent
l'hépatite B 1.
De même, le Dr Chicoine a indiqué que, selon ses observations,
les deux pays les plus affectés par les problèmes de santé
physique ou mentale sont la Roumanie (15 à 30 % des enfants arrivant
ici) et la Russie (15% des enfants) 2.
Dans un article de Cyberpresse publié en 2006, on dit que:
«Près de 40 % des parents qui adoptent dans un autre
pays ramènent à la maison un enfant présentant
un trouble médical dont ils ne se doutaient pas, affirme l'un
des pédiatres les plus reconnus dans le domaine au Québec.
Si plusieurs de ces cas se traitent assez facilement et n'hypothèquent
pas la santé de l'enfant à long terme, environ le quart
sont considérés comme sévères : microcéphalie
(cerveau trop petit), VIH, syndrome d'alcoolisation foetale, rubéole
congénitale, autisme postinstitutionnel, troubles de l'attachement.
Les autres troubles de moindre gravité incluent l'hépatite
B et C, la surdité ainsi que les retards moteurs et cognitifs.
Le Dr Jean-François Chicoine, qui sonne l'alarme, les voit
passer tous les jours à la Clinique de santé internationale
de l'hôpital Sainte-Justine, à Montréal. La moitié
du millier d'enfants adoptés au Québec chaque année
vont y faire une visite. Son verdict est sans appel : «On adopte
beaucoup au Québec, mais pas en profondeur.»
C'est-à-dire sans bien connaître les risques inhérents
à la grande aventure. Selon ses estimations, 60 % des adoptants
ne consulteraient aucun médecin avant de passer à l'action.
[...]
Le syndrome d'alcoolistion foetale, par exemple, toucherait jusqu'à
30 % des enfants adoptés en Europe de l'Est. Quant aux maladies
infectieuses comme l'hépatite B, la tuberculose et la syphilis,
elles sont relativement rares. L'hépatite B, la plus répandue,
concernerait de 2 à 5 % des adoptions chinoises. Par contre,
elles sont universelles. «J'en ai vu de tous les pays»,
affirme la Dr Renée-Claude Duval.» 5.
Source: La
face cachée de l'adoption internationale, Cyberpresse,
20 juillet 2006
Afin de faciliter le traitement des enfants, les parents doivent, avant
et pendant le voyage dans le pays d'origine, tenter de recueillir le
plus de renseignements possibles sur leur enfant:
- antécédents médicaux des parents de naissance,
- durée de la gestation,
- habitudes de vie et alimentation,
- maladies et vaccinations.
Même si plusieurs questions resteront sans réponse, il
est justifié de les poser, si l'occasion se présente.
Toute réponse, même partielle, sera fort utile à
l'arrivée au pays. Si on n'arrive pas à obtenir les renseignements
médicaux souhaités, tant pis, on se croise les doigts
et on poursuit notre démarche. Cependant, on doit savoir que
les soins à donner à l'enfant pourront être un peu
plus difficiles.
À leur arrivée au Québec, les problèmes
de santé des enfants adoptés dépendent d'abord
des pays d'origine. Ils sont aussi fonction de l'âge de l'enfant,
plus il est âgé, plus les problèmes risquent d'être
importants dans la mesure où l'enfant aura subi des carences
plus longtemps. En effet, les problèmes potentiels de santé
découlent du temps passé en orphelinat ou en foyer d'accueil
et des conditions de vie dans ces milieux. Par contre, il est plus facile
de faire un diagnostic si l'enfant n'est pas trop jeune. C'est pourquoi
on estime que l'âge idéal de l'enfant à adopter
se situe entre six mois et un an 1.
Les causes des problèmes de santé comprennent la malnutrition,
la sous-alimentation, les abus d'alcool ou de drogue durant la grossesse
et la naissance prématurée. Parmi les problèmes
que l'enfant adopté peut présenter, on note (3):
- retard de croissance (grandeur, poids, circonférence de la
tête);
- problèmes de peau et de siège, impétigo, abcès,
furoncle, gale, érythèmes;
- rhumes, toux, otite;
- anémie et déficience vitaminique;
- hépatite B;
- hépatite A, C et D (moins fréquentes);
- maladies infectieuses: tuberculose, malaria, etc.;
- intolérance
au lactose
- fibrose kystique;
- encéphalite périnatale;
- hypertension intracrânienne ou hydrocéphalie;
- Infection au VIH (cause du SIDA);
- problèmes intestinaux, diarrhées, vomissements: amibes,
shigellose, vers, parasites;
- troubles congénitaux, troubles d'audition et de vision;
- asthme et infections des voies respiratoires;
- déficit d'attention, retard de développement mental
et handicap;
- problèmes de comportement: mensonge, vol, colère,
mutisme, régression, contestation, difficulté à
communiquer, anxiété et peurs, insécurité;
- traumatisme psychologique et retard de langage.
PAYS - Région |
À quoi s'attendre ou ce qui est possible. |
Amérique centrale et du sud |
Enfants mis à l'adoption après avoir été
achetés
Sous-estimation de l'âge des enfants |
Amériques |
Hépatite B |
Asie du sud-est |
Enfants mis à l'adoption après avoir été
achetés
Hépatite B |
Bosnie |
Guerre civile
Stress post-traumatique |
Colombie |
Famine, désastre, pauvreté |
Corée |
Enfants prématurés |
Chine |
Politique de l'enfant unique (seulement des filles sont disponibles)
Substitution d'enfants
Ségrégation ethnique et handicaps
Malnutrition protéino-calorique
Rachitisme
Déficience en iode
Contamination au plomb et aux radiations |
Chine du Sud
(Yunan) |
Infection au VIH |
Fédération russe |
Dossiers falsifiés
Ségrégation ethnique et handicaps
Sous-estimation de l'âge des enfants
Malnutrition protéino-calorique
Rachitisme
Privation socio affective et syndrome alcoolo-foetal
Contamination au plomb et aux radiations |
Haïti |
Enfants mis à l'adoption après avoir été
achetés
Substitution d'enfants
Malnutrition protéino-calorique
Hépatite B
Infection au VIH |
Honduras |
Famine, désastre, pauvreté |
Inde |
Enfants de la rue, prostitution et esclavage |
Mexique |
Famine, désastre, pauvreté |
Pakistan |
Enfants de la rue, prostitution et esclavage |
Roumanie |
Enfants mis à l'adoption après avoir été
achetés
Dossiers falsifiés
Ségrégation ethnique et handicaps
Sous-estimation de l'âge des enfants
Malnutrition protéino-calorique
Rachitisme
Hépatite B
Infection au VIH
Privation socio affective et syndrome alcoolo-foetal
Contamination au plomb et aux radiations
Sur les problèmes de santé des enfants roumains
dans le passé, vous pouvez consulter les résultats
d'une étude
canadienne (en anglais). Toutefois, la situation s'est peut-être
améliorée. |
Rwanda |
Guerre civile
Stress post-traumatique |
Taiwan |
Enfants prématurés |
Thaïlande |
Enfants de la rue, prostitution et esclavage
Infection au VIH |
Vietnam |
Famine, désastre, pauvreté
Déficience en iode
Infection au VIH
Contamination au plomb et aux radiations |
Source: 4 |
Note du webmestre:
Ce tableau ne signifie pas que tous les enfants de ces pays auront
ces problèmes ni que les enfants des autres pays sont absents
de problèmes. Il s'agit comme le dit le magazine Protégez-vous
de «certaines situations et certains problèmes (qui)
sont plus fréquents qu'ailleurs». |
Oui, cela fait frémir. La liste est longue et elle n'est même
pas complète. Il ne s'agit pas d'en avoir peur mais plutôt
d'être bien informé afin de savoir quoi observer, quelles
questions poser. Il est aussi possible de faire examiner l'enfant dans
une grand clinique internationale à l'étranger (entre
400 et 1000 $ US) et de soumettre le rapport à un médecin
d'ici avant l'adoption.
Est-ce qu'on peut refuser une proposition
pour raison médicale?
En principe oui, si on obtient les bonnes informations et si on consulte
un médecin compétent avec ces renseignements. Voici ce
que publiait Cyberpresse en 2006:
« C'est surtout le cas en Europe de l'Est, où jusqu'à
40 % des adoptants déclinent la première offre, rapporte
Patiana Tchernova, de l'agence Enfance sans frontières. Selon
le contexte politique, il peut être ardu d'obtenir un deuxième
choix.
«Au Bélarus, vu les exigences des adoptants québécois
et la législation canadienne, les autorités soumettent
un lot d'enfants. On choisit ensuite celui qui conviendra le mieux
aux critères des parents, ce qui nous laisse une grande liberté»,
explique Mme Tchernova.
En Lituanie, par contre, la soumission d'une seconde proposition
est à la discrétion des autorités. Celles-ci
ont tout le loisir de faire poireauter les adoptants réfractaires
jusqu'à ce qu'ils jettent l'éponge.
En bout de ligne, ce sont les autorités du pays d'accueil
qui mènent le bal, observe Hélène Duval, directrice
d'Enfants du monde. En Chine, celles-ci consentent généralement
à faire passer des tests supplémentaires aux enfants
dont l'état de santé pose des doutes. À condition,
toutefois, de ne pas abuser.
L'an passé, raconte Mme Duval, une épidémie
d'hépatite B s'est déclenchée dans un orphelinat
chinois. Un peu plus tard, Enfants du monde a reçu des propositions
de cet établissement. Par mesure de précaution, l'agence
a demandé des vérifications.
«Pour épargner de nouvelles piqûres aux enfants,
certains parents ont dit qu'ils ne voulaient pas de tests, qu'ils
les prendraient de toute façon», dit-elle.
«Les attentes des parents sont très élastiques,
confirme le Dr Jean-François Chicoine. Certains peuvent accepter
un enfant avec une hépatite B, alors que d'autres réagissent
très mal à un trouble mineur. Par exemple, un couple
d'éducateurs spécialisés ne verra peut-être
pas de problème à adopter un enfant avec des troubles
de comportement. »5
À lire aussi: L'examen
médical n'est pas une garantie, Cyberpresse, 20 juillet 2006.
Pour
obtenir des informations plus poussées sur les problèmes
médicaux pertinents à l'adoption internationale, consultez
un pédiatre qui vous réfèrera au besoin.
Rédaction: Gilles Breton
SOURCES:
- Source: «Du rêve à la réalité, l'adoption»,
par Guy Sabourin, magazine Santé, no 134, décembre 1997-janvier
1998, pages 14-18.
- Propos du Dr Chicoine lors de l'émission «Québec
Plein écran» diffusé à Télé-Québec
en janvier 98.
- Tiré en partie d'un document de travail: Synthèse
de lectures pour le comité post-adoption, Secrétariat
à l'adoption internationale, juin 1997, Claire-Marie Gagnon.
- Guy Sabourin, «Protégez-vous», le magazine de l'Office
de la protection du consommateur, mars 1998, pages 31-34.
- La
face cachée de l'adoption internationale, Cyberpresse,
20 juillet 2006.
© Copyright 1997-
Gilles Breton Tous droits réservés.
Date de publication: Janvier 1998
URL = http://www.quebecadoption.net/adoption/sante/santegeneral.html
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