Témoignage:
JULIE-ANNE… une longue route vers un très grand bonheur!!!


Son prénom haïtien est Valentine, un prénom destiné à l'amour… pour un petit bout de femme vraiment exceptionnelle, une petite fille toute en douceur…

L'attente fut longue. Très longue. Les récents événements arrivés à Haïti en sont la cause. Effectivement, nous avons amorcé notre démarche d'adoption en novembre 2001. La proposition est venue le 14 mai 2003 et elle est arrivée parmi nous seulement le 11 mai 2004, jour merveilleux pour toute la famille, une rencontre formidable entre une famille et son 5e membre.

Quelques précisions pour ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement de l'adoption dans ce pays. En Haïti, la proposition vient avant toutes les démarches légales. Le climat politique est perturbé depuis plusieurs mois et des moyens de pression ont eu lieu à l'Institut de Bien-Être Social (IBES) qui est un peu l'équivalent de notre ministère des affaires sociales. Ainsi, pendant près de 6 mois, nous avons impatiemment attendu une signature, qui n'est venue que quelques semaines avant Noël 2003. Après cela, on nous prédisait que tout irait plus rondement pour la suite des choses, soit l'enquête sociale confirmant l'adoptabilité de notre fille, le jugement d'adoption, l'émission du passeport et l'obtention du visa d'immigration au Canada. Cependant, le coup d'état qui a eu lieu en février de cette année a tout retardé. Notre agence d'adoption a fait des pieds et des mains le vendredi 27 février 2004 en vue de faire sortir notre fille sans passeport ni visa d'immigration. Notre niveau d'anxiété était alors à son apogée, nos émotions étaient à vifs… mais cela n'a pu avoir lieu car ça aurait pu envenimer le climat de collaboration entre les deux pays, sans oublier que le Canada, et nous, aurions pu avoir des problèmes avec la justice pour traffic d'enfants ou quelque chose du genre, ce qui est loin d'être banal.

Nous nous sommes donc armés de patience et avons attendu. (Nous sommes presque devenus des experts de l'attente durant ces longs mois!) J'avoue que par moment il m'est arrivé de douter que mon trésor finirait par venir combler le vide immense de mon cœur de mère. Heureusement que j'ai pu compter sur la présence de mon mari, de mes enfants et de mes amis (incluant la famille élargie) pour y arriver… mais le doute demeurait toujours et j'ai commencé à croire à son arrivée seulement lorsque nous étions à l'aéroport de Dorval et que nous avons su que l'avion en provenance de Port-au-Prince était atterri, soit à 20h05. À ce moment je me disais que s'il y avait eu un contre-temps, nous l'aurions sûrement su. Les minutes d'attente sont alors devenues insupportables.

«Mes premiers mots ont été: "Elle est vraiment là!" et c'est là que j'ai versé mon trop plein d'émotions. Tout le monde était heureux. »

Ce n'est que vers 20h55 que l'agent d'immigration est venue nous chercher (nous étions deux à attendre la venue de notre fillette ce jour-là). Nous avons dû passer à la fouille et au détecteur de métal. Ensuite, une longue marche nous a menées vers les caroussels à bagages. Mes yeux ne faisaient que chercher un indice de la présence de ma fille dans les parages. En vain. Ce n'est qu'après avoir traversé cette pièce et la presque totalité des bureaux de l'immigration qu'elle m'attendait dans l'avant-dernier bureau. Elles étaient deux filles, mais je l'aurais reconnue parmi un  millier d'enfants. Elle était dans les bras de la dame d'Alma, madame Ghyslaine Blackburn, une missionnaire au grand cœur, qui l'escortait de Port-au-Prince jusqu'à Montréal. Sa première réaction a été de prendre un air sévère et de m'observer de ses grands yeux intelligents. Ensuite quelques larmes sont venues, mais ça n'a pas duré plus de quelques secondes. Elle était magnifique, un bébé calme et frêle cependant. Nous avons rempli les documents d'usage. J'ai signé les papiers mais j'avoue avoir jeté un œil très sommaire à ce que j'ai signé. J'avais tellement hâte de faire enfin la connaissance de mon bébé… et de la présenter à son papa et à son frère et sa sœur qui étaient impatients de la rencontrer enfin.

C'est ainsi qu'à 21h29 j'ai franchi les portes qui me permettaient de réunir ma petite famille qui se trouve être ainsi complète. Mes premiers mots ont été: "Elle est vraiment là!" et c'est là que j'ai versé mon trop plein d'émotions. Tout le monde était heureux.

Actuellement elle habite avec nous depuis quelques jours mais on dirait qu'elle est là depuis toujours. Sa présence est devenue essentielle à mon bonheur. Elle est calme, a des yeux brillants qui peuvent exprimer toute une gamme d'émotions, a un rire enchanteur et adore la musique et chanter. En gros, elle s'intègre bien.  Elle a un retard staturo-pondéral important, soit la taille moyenne des fillettes de 10 mois pour un âge estimé à 19 mois. Son développement actuel se rapproche davantage de celui des enfants de 12 mois que de 18 mois mais je pense que dans quelque temps, avec des bons soins, un milieu stimulant et surtout beaucoup d'amour, nous pourrons venir à bout d'une bonne partie de cela.

Bref, notre bonheur est parfait et la famille comblée par la venue de cette 3e petite perle antillaise, un joyau d'une rareté extrême et d'une valeur inestimable vue la longue route pour l'atteindre. C'est pourquoi  elle est devenue rapidement tellement précieuse à nos yeux.

Bienvenue parmi nous petite Julie-Anne qui a déjà conquis nos cœurs…

Christine Bard, pour toute la famille…
Michel Bélanger le papa, Louis-Olivier et Raphaëlle
Échos adoptions,
Journal de l'association des Parents
en adoption internationale du Saguenay-lac st-Jean
été 2004
(Cette association n'existe plus)


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©  Copyright 2004 - Christine Bard- Gilles Breton Tous droits réservés.

Date de publication: 17 septembre 2004
URL = http://www.quebecadoption.net/temoignages/juliane-haiti.html