L'adoption mouvementée d'Alexis...
Il est difficile d'imaginer un plus grand désarroi que celui d'apprendre,
quelques jours avant le départ, que notre enfant n'est plus adoptable
et que tous les préparatifs s'évanouissent. C'est pourtant
bien la situation que nous avons vécue...
Lorsque nous avions eu la proposition d'un petit garçon thaï
de 10 mois prénommé Thiti, en novembre 99, nous l'avions
déjà adopté. Ainsi que tous nos parents et amis.
Sa photo était partout et surtout...terriblement ancrée
dans nos têtes.
Mais le
destin joue parfois des tours cruels. C'est ainsi que fin novembre , 10
jours avant notre départ pour Bangkok, nous apprenions que notre
petit Thiti était bien mal en point. Les médecins soupçonnaient
une thallasémie, maladie très grave du sang.
Nous avions dèjà attendu plus de 27 mois, ce qui pour des
parents en attente représente plus que l'éternité.
Et voilà que tout s'effondrait. Pendant trois jours, nous avons
cessé d'exister. Il s'est finalement avéré que le
petit avait un important retard de croissance qui laissait présumer
d'importants problèmes psychologiques.
Malgré toute notre peine, nous ne pouvons en réalité
que saluer le geste de la Thaïlande de nous avoir avisé de
la situation. A notre avis, peu de pays auraient agi d'une telle façon.
Quelques jours avant le départ prévu du 9 décembre,
après avoir versé toutes les larmes de notre corps, nous
avons appris une bonne nouvelle. Un comité spécial s'était
réuni pour faire un jumelage d'urgence, compte tenu de la situation
particulière dans laquelle nous nous retrouvions.
Nous étions certes heureux de ce revirement, mais si tristes pour
le petit Thiti. Nous avons préparé nos valises sans même
savoir quel enfant nous allions chercher. Car, bien sûr, la Thaïlande
n'avait pas le temps d'envoyer la proposition, ni aucune photo... En fait,
le comité d'approbation finale se déroulait le 9 décembre,
jour du départ. Alors il y avait tout de même des chances,
si faibles soient-elles, que la proposition ne soit pas acceptée
par le Grand Comité. Et que nous revenions sans enfant.
Finalement, après le très long voyage et le coeur rempli
d'espoir, nous étions au bureau du Child Adoption Center le 11
décembre au matin. C'est alors que la travailleuse sociale nous
a remis la proposition et des photos de notre nouveau petit trésor,
un tout petit garçon de 11 mois prénommé Kantapon.
Ces moments figureront pour toujours dans notre mémoire. Et une
heure plus tard, nous étions rendus à Pakkred, en banlieu
de Bangkok avec ce mignon petit bébé dans les bras. Les
émotions se succédaient maintenant à un rythme fou...nous
étions tellement heureux de le voir.
Pour lui, ce ne fut cependant pas la même chose. Il n'était
pas du tout prêt à se faire adopter. Pendant les quatre premiers
jours, il n'était pas content du tout. Il faisait d'importantes
crises , pleurait énormément. Il a même refusé
de boire tout liquide (au verre, au biberon,etc...) pendant ces quatre
premiers jours. Ce fut pour nous une période très difficile.
Nous avions déjà adopté un premier fils alors qu'il
avait 26 mois et tout s'était passé comme sur des roulettes
alors nous pensions qu'il en serait de même puisque le petit était
encore plus jeune.
Heureusement, les choses se sont tout doucement replacées. Il
s'est accroché à sa maman comme à une bouée
de sauvetage . Et à notre retour, c'est un tout autre petit homme
qui s'est fait connaître.
Notre petit Alexis (c'est son prénom maintenant) est un bébé
rempli d'énergie et de joie de vivre. Il est coquin, drôle,
espiègle et très enjoué. Les crises de larmes se
sont transformées en éclats de rire. Tout le monde l'adore.
Il est notre deuxième rayon de soleil et nous ne pourrions plus
vivre sans lui.
Au comité du 23 décembre, les thaïlandais nous ont
dit nous confier le plus beau des cadeaux de Noël...et c'est bien
vrai. Nous sommes heureux de voir à quel points les thais prennent
les choses à coeur en ne tolérant aucun accroc au processus
d'adoption.
A tout ceux qui sont en attente d'un enfant thaï, soyez certains
que malgré la longueur de la procédure, cela en vaut grandement
la peine. Un magnifique trésor vous attend à l'autre bout
du monde. Et vous pouvez faire confiance aux thaïlandais, notre aventure
le démontre bien.
Marie-Josée LaRue et Jacques Provost
Heureux parents de Julien (7 ans) et Alexis
(2 ans) de la Thaïlande.
Février 2001
|